Mercredi 26 novembre 2008

Grammairiens, étymologistes et lexicographes : On n’est rarement l’un sans toucher peu ou prou aux deux autres. Le grammairien, nous dit le TLF(1), est « celui qui, versé dans la connaissance d’une langue, contribue par ses avis à épurer celle-ci, à fixer les règles du bon usage ».

Epurer. Quel vilain mot que celui-ci quand on veut l’appliquer au langage. Il implique le tri, la sélection, la noblesse des uns et la roture des autres, l’abandon des plus vieux, le refus des trop jeunes, oblige à l’inconfort. Pour autant, nous ne saurions nous passer de règles en matière de grammaire. « Le participe passé est le sujet de méditation du grammairien ». J’ignore où j’ai pu lire cette citation, et qui en est l’auteur, mais elle résume bien l’état d’esprit des grammairiens qui partagent avec les philosophes certaines pratiques grecques dont les mouches font les frais(2).

Le plus célèbre des grammairiens français reste sans conteste Vaugelas, dont Sainte Beuve écrivit, dans les Nouveaux Lundis, qu’il fut « le greffier de l’usage ». La définition lui va bien. Membre de l’Académie Française dès sa création, membre de l’Académie Florimontane, maître traducteur, auteur des Remarques sur la langue Française, le cuistre prétendit lui-même « avoir donné des maximes à ne changer jamais ».

Citons le encore, pour faire bien sentir la psychologie du personnage « ne comptez pas sur la pénétration de vos lecteurs ; souvenez vous que vous n’écrivez pas pour une académie de beaux esprits, mais pour le public. Mettez vous à la portée des ignorants. Faites surtout en sorte que les femmes vous entendent sans difficulté, car elles sont les meilleurs juges de la clarté des mots et des phrases ». La déclaration est ambiguë, pour le moins.

Vaugelas est un nostalgique. « J’ai toujours regretté les termes et les mots retranchés de notre langue, que l’on appauvrit d’autant… j’ai une certaine tendresse pour tous ces braves mots que je vois ainsi mourir, opprimés par l’usage qui ne nous en donne point d’autres à leur place, ayant la même signification et la même force ».

Que Vaugelas déplore l’abandon de mots anciens, on le comprend, on l’approuve même. Là où il devient impossible de lui garder quelque considération, c’est quand il interdit qu’on use de mots nouveaux. Monsieur Vaugelas s’oppose au néologisme, il répète là-dessus le mot de Pomponius Marcellus qui disait à Tibère que « L’empereur peut bien donner le droit de bourgeoisie romaine aux hommes, mais non pas aux mots ».

Qu’est-ce qu’une académie qui œuvre sous la férule d’un homme qui s’oppose au néologisme, qui prétend interdire aussi toutes les saveurs de l’archaïsme, qui ne peut se rendre compte, après trente cinq années passées à observer le langage, qu’avec ou sans lui, la langue évolue.

Allons, qu’on laisse la langue à des Vaugelas, elle acquerrait, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, toute la saveur d’un suppositoire. Il ne manque pas, hélas, de gens pour approuver sa démarche. Combien notre pays compte-t-il de rues Vaugelas, de collèges Vaugelas ? Innombrables.

Faites le test. Tapez en moteur de recherche « collège Vaugelas », vous en trouverez des dizaines. Livrez vous maintenant à un second test, et tapez « collège Gilles Ménage ». Rien, désespérément rien.

Gilles Ménage, pourtant, surpasse, et de loin, tous les autres grammairiens et lexicographes français.

                                                                                                                              

Gilles Ménage est contemporain de Vaugelas, de Molière, et au moins aussi prolifique qu’eux en matière de publications et de recherches(3). Et n’a rien du bouffon sous les traits duquel l’a dépeint Molière dans les Femmes Savantes. Ménage n’est pas Vadius.

Ses étymologies(4) ont certes beaucoup fait rire ses contemporains(5). Ses principes d’analyse, beaucoup trop généraux (addition, retranchement de syllabe, métathèse et analogie) sont sans doute critiquables. Ils lui ont cependant permis de trouver des solutions étymologiques dont 70 % sont admises pour justes à l’heure actuelle(6).

C’est que Gilles Ménage est un intuitif, un jouisseur aussi, loin des académies (même s’il fut membre de l’Académie Florimontane). Provocateur dès son plus jeune âge, il s’est farouchement affirmé comme un adversaire linguistique des principaux choix de l’Académie. Celle qui compte. Il ne perd pas une occasion de se moquer de ses membres, avec une verve qui lui vaudra beaucoup d’ennemis. Les querelles de grammairiens ne font pas de morts, mais blessent sérieusement dans leur vanité ceux qui en font les frais. Quand Ménage publie la fameuse Requête des Dictionnaires, dédiée « A nosseigneurs Académiques, Nosseigneurs les Hypercritiques, souverains arbitres des mots, doctes faiseurs d’avant propos », connue aussi sous le nom de Parnasse Alarmé, il n’a que vingt deux ans. Selon certains témoignages, Ménage, prudent, n’a pas signé cette pièce. Pourtant, le manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, quoi que non daté, mentionne bien son nom. Il s’y moque, avec brio, des lenteurs des académiciens, de leurs constants ratiocinages. Ménage, à cette époque, est bien trop jeune pour pouvoir prétendre à un siège à l’Académie. Il se refusera d’ailleurs toujours à y solliciter une place, que pourtant les académiciens eux-mêmes finiront par lui proposer. Le pouvoir politique lui préfèrera Jean Louis Bergeret, aujourd’hui tombé dans l’oubli, Ménage n’y sera jamais admis, et en tirera une fierté qu’il ne démentira jamais. Chateaubriand, bien plus tard, dira qu’il l’a tant brocardée « qu’on aurait dû le forcer d’en être ».

Bref, Ménage se moque, tient le mercredi un salon qu’il nommera « les mercuriales », sans doute en référence, aussi, aux volées de bois vert qu’il y distribue à ses ennemis, Vaugelas le premier. Il y reçoit notamment Madame de Lafayette, omniprésente dans ses poèmes, et qui sous son égide rédigera La Princesse de Clèves. Son goût du bon mot, sa nature impulsive, la joie qu’il éprouve à brocarder l’institutionnalisme de certains de ses contemporains vont lui valoir l’animosité de ceux qui se placent du côté des sérieux ostensibles(7), et sa réputation en souffrira longtemps. Ses ennemis le disent à l’origine du calembour, stigmatisent son pédantisme, sa propension à resservir dans les divers salons qu’il fréquente les mêmes bons mots et les mêmes citations, le présentent comme un singe savant plus doué de mémoire que de neurones….

Qu’importe, un bilan, même sommaire, de ses contributions à la langue française, le place largement en tête, en tant que lexicographe, non seulement de ses contemporains, mais de toute l’époque moderne. Ses admirateurs, plus convaincus de ses talents que les thuriféraires d’un Vaugelas, laisseront à la postérité un inestimable « Ménagiana », hélas aujourd’hui introuvable.

 

  (1)Je me lasse de le répéter, Trésor de la Langue Française, pas celui de Nicot, celui de Humbert et Quemada, en accès libre sur le web, irremplaçable.

  (2)A propos de la vie sexuelle des mouches (on tombe dans le hors sujet, mais je me refuse à passer l’anecdote sous silence). Les scientifiques qui ont étudié la question prétendent que les mâles affichent une nette préférence pour les femelles vierges. Je les crois sur parole. Une question me taraude cependant ; comment les scientifiques reconnaissent-ils une mouche pucelle d’une autre ?

  (3)Dictionnaire étymologique du Français, Les Origines de la Langue Française, Histoire des Femmes Philosophes, ainsi que de nombreux ouvrages restés à l’état de manuscrit, sur l’histoire de la langue grecque, un dictionnaire botanique, etc…

(4) Dictionnaire étymologique du Français.

(5) Et bien d’autres, pendant fort longtemps. Nodier, dans son Examen Critique des Dictionnaires, ne perd pas une occasion de se gausser.

(6) Voir les travaux d’Isabelle Leroy-Turcan. http://www.chass.toronto.edu/~wulfric/siehlda/actesmen/index.html

(7) Dits aussi « Foutriquets sentencieux ».

Par Marie Rennard - Publié dans : Les G
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Dimanche 18 mai 2008

Hoquet : Le vocable désigne une contraction intempestive du diaphragme et de la glotte, et trouve son origine au Canada. Les premiers émigrants francophones, pas encore en délicatesse avec l’Anglois dans ce coin perdu du monde, organisèrent au cours d’un des premiers rigoureux hivers qu’ils passèrent sur les rives gelées du Saint Laurent, une partie d’un jeu appris des peuplades autochtones opposant les ressortissants des deux nations. Il s’agissait de tenter d’envoyer dans les buts adverses, grâce à une crosse en bois, un gros galet rond tout en patinant sur des tibias d’animaux à la surface gelée de la rivière. Las, un ressortissant français, après avoir reçu le galet dans le sternum, fut pris d’une série de ces contractions doubles qui l’empêcha durant quelques minutes de poursuivre l’exercice. Les Anglais, inquiets, et craignant que l'incident ne déclenchât les hostilités que l'on sait, mais qui advinrent sous un prétexte encore plus fallacieux[1], firent cercle autour du malheureux en lui demandant avec insistance Is it OK ? Leur victime pantelante ayant fini par opiner, le vocable hoquet en vint rapidement à désigner en français cette affection bénigne, et en anglais, sous l’orthographe légèrement différente de hockey, le jeu lui-même.

 


 

[1] Ouais, tout ça va en fait démarrer à Pittsburgh, parce qu’un obscur planteur du nom de George Washington fait élever un fort modestement nommé Fort Prince George, (ah, ça plante à la lecture hein ?) dont des Français désoeuvrés vont le déloger. De fil en aiguille, ça dégénère, on embauche les indiens de part et d’autre, les gouvernements respectifs envoient des renforts, surtout les Anglais, qui finissent par prendre Québec, et, sur l’élan, la Guadeloupe.
On est partis pour une guerre mondiale qui dit pas son nom. Le conflit va gagner l’Inde et le Pacifique, les Espagnols vont se battre au côté des Français, et Frédéric de Prusse se dit qu’il serait trop con de pas profiter du merdier ambiant pour essayer de piquer l’Autriche aux Autrichiens. Enfin bon, ça dure sept bonnes années, jusqu’à la signature du traité de Paris. Les Anglais se taillent la part du lion, avec tous les territoires américains à l’est du Mississipi, et, au choix, le Canada ou la Guadeloupe.
Les Français choisissent de garder la Guadeloupe, et ça se comprend, vu comment ça caille au Canada l’hiver. Et viendez encore me dire que je fais des notes de bas de page pour rien, tiens.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les H
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Mardi 29 avril 2008

Muleta : La muleta, c’est cette sorte de cape montée sur un bâton dont use le matador durant la faena, dernière phase du combat avant l’estocade qui verra le toro succomber en meuglant comme une vulgaire vache devant un toreador virevoltant d’élégance pailletée. Précisons à l’usage des débutants en espagnol qu’il ne faut pas confondre la muleta, qui signifie au choix canne anglaise ou leurre fait d’un drap de serge rouge monté sur un bâton [1] , avec l’amuleto, qui signifie amulette, autre accessoire essentiel, avec le signe de croix, d’une corrida espagnole.

Au seizième siècle, les espagnols, on s’en souvient, colonisèrent l’Amérique Latine et y importèrent celles de leurs coutumes qui faisaient à l’époque la grandeur de leur nation. La Corrida et l’Inquisition. Quelques centaines d’années plus tard, ces peuples libérés des ibères poursuivirent la pratique de ce sport – je cause de la corrida, la pratique de l’inquisition étant presque partout tombée en désuétude, en y apportant quelques modifications de leur cru, et il faut bien le dire, nées du ressentiment qui caractérise l’opprimé.

On garda le toro, symbole de l’Espagne honnie, et on le mit en concurrence avec le symbole autochtone du condor. On attache sur le dos du toro un condor, et on les laisse s’arranger entre eux en confiant à de jeunes gens le rôle des picadors, sans grand risque que le toro, relativement occupé par l’oiseau [2] pas content, s’en prenne à leurs fesses. On s’en doute, à ce jeu là le toro n’a pas plus de chances qu’à l’autre. Mais quand d’aventure c’est le condor qui meurt, les paysans craignent un grand malheur. C’est que les peuples d’Amérique Latine, qui n’ont pas la maturité cartésienne des enfants des lumières, sont attachés à leurs présages. En revanche, quand en Espagne un torero succombe dans l’arène,  il passe à la postérité grâce au pinceau de très grand peintres, comme Manet ou Picasso.



[1] Qu’y dit wikipédia.

[2] Qu’on appelle en espagnol pàjaro qu’est un cauchemar de prononciation.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les M
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Samedi 26 avril 2008

Émétique :On commença à faire usage de cette substance vers le milieu du XVIIème siècle. Monsieur Thénard[1] place sa découverte en l’année 1631, et cite Adrien Mynsecht [2] comme le premier qui l’ait fait connaître. En 1658, un médecin d’Abbeville, nommé Du Sausoi [3] s’en servit pour guérir Louis XIV de la fièvre. Comme l’antimoine, l’émétique eut de grands partisans, et de plus grands détracteurs. Condamné plusieurs fois par les parlements et la faculté de médecine, il n’en est pas moins resté l’un des plus puissants remèdes que la nature ait donnés à l’homme [4] .

Oui da, mais qu’est-ce donc quand même exactement ? Rien d’autre qu’un bête vomitif.

Dans la pharmacopée actuelle, on utilise essentiellement pour leurs effets émétiques l’alun de potassium,  dont la toxicité est si faible qu’on en use souvent pour préparer des pâtes à modeler maison[5], et l’apomorphine chlorhydrate, qu’on administre également en traitement de la maladie de Parkinson.

Cependant, l’émétique mentionné par l’Encyclopédie des Deux Mondes était un mélange bien moins inoffensif que  l’alun de potassium, fait d’antimoine et de tartrate de potasse. Or l’antimoine[6], qu’on classe désormais dans la famille des pnictogènes avec, entre autres, l’arsenic ou le phosphore, peut  s’avérer, selon le dosage, hautement toxique. Qu’on ait usé d’ailleurs d’un vomitif pour guérir des fièvres pourrait surprendre nos contemporains, mais rappelons que la médecine n’avait pas vocation, au XVIIème siècle, à guérir les malades, mais plus simplement à les purger de leurs humeurs, souvent avec le succès que retrace pour nous Molière dans ce dialogue entre Dom Juan et Sganarelle :

 

-         Il y avoit un homme qui, depuis six jours, étoit à l’agonie. On ne savoit plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisoient rien ; on s’avisa à la fin de lui donner de l’émétique.

-         Il réchappa, n’est-ce pas ?

-         Non, il mourut.

-         L’effet est admirable.

-         Comment ? il y avoit six jours entiers qu’il ne pouvoit mourir, et cela le fit mourir tout d’un coup. Voulez-vous rien de plus efficace ?

-          

Profitons de l’occasion pour rappeler aux mères de familles qu’il ne faut jamais, en aucun cas, administrer un émétique à un enfant ayant ingéré du Destop, de l’acide sulfurique ou une simple rasade de détergent d’apparence anodine, mais bien plutôt contacter immédiatement le SAMU qui devrait vous envoyer des secours en urgence, avant ou après vous avoir passé un savon circonstancié pour avoir laissé traîné des saloperies sur les étagères du bas.


 

Illustration : Basile Valentin.



[1] Chimiste, découvreur de l’eau oxygénée et du bleu de cobalt, et inspirateur, à cause de son opposition à la réduction du temps de travail des enfants, du nom des Thénardiers des Misérables de Hugo.

[2] C’est une erreur, il s’agit de Mynsicht, auteur de l’histoire de la médecine depuis son origine jusqu’au XIXème siècle. 1815.

[3] Mademoiselle de Montpensier, dans ses mémoires, évoque un écuyer de ce nom, mais nous n’avons pas retrouvé d’informations relatives au Du Sausoi dont il est question ici.

[4] Encyclopédie Générale des Deux Mondes, 1874.

[5] Alors, deux bols de farine, un bol de sel, un bol d’eau, deux cuillerées à soupe d’alun de potassium, une dose de colorant alimentaire, une cuillère à café d’huile. Vous faites bouillir la flotte avec l’huile et le colorant alimentaire et vous versez sur le reste touillé dans un saladier. A conserver dans un tupperouére.

[6] L’origine du mot antimoine viendrait dit-on, d’une circonstance assez singulière. Basile Valentin qui, le premier, sut extraire le métal pur de son sulfure et le proclama, sous le nom de Lion oriental, comme un remède à tous maux, ayant vu des porcs acquérir un embonpoint extraordinaire pour avoir mangé le résidu d’une de ses opérations sur l'antimoine, crut que ce métal pourrait rétablir la santé des moines de son monastère, exténués par les jeûnes et les mortifications. L’administration de ce nouveau remède fut fatale à ces bons religieux, qui périrent en grand nombre. Chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, Girardin, 1873.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les E
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Lundi 31 mars 2008

Aborigène : Signifie tout simplement « qui est originaire du pays où il vit ». Ce terme est trop souvent dénaturé en « arborigène », barbarisme colonialiste et le plus souvent involontaire désignant apparemment les aborigènes arboricoles. Les célèbres aborigènes d’Australie seraient, selon de savantes hypothèses, originaires de Nouvelle Guinée[1]. L’incontestable proximité géographique et l’indéniable air de famille portent à croire l’hypothèse fondée. On pourrait, en théorie devoir la vérifier en recherchant dans les dialectes des uns et des autres des termes communs, tels kangourou et koala, qui nous sont familiers. Mais en théorie seulement.

Il se trouve que la Papouasie-Nouvelle-Guinée est le pays le plus multilingue du monde, dans lequel on a recensé 860 langues pour une population de 4,5 millions d’habitants, ce qui, on s’en doute, dissuade tout individu normalement constitué d’entreprendre une analyse lexicale comparative pour prouver quoi finalement, hein ?



[1] Ben oui, des aborigènes venus d’ailleurs.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Dimanche 30 mars 2008

Abscons : Désigne à l’origine toute abstraction peu accessible, obscure et difficile à expliquer.

Dans une acception plus péjorative, il qualifie le langage des raisonneurs pédants plus soucieux de paraître au fait que de s’y hisser[1].

On peut aisément répondre à l’abscons par l’abstrus, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Certains lecteurs pourront être intéressés (n’en doutons pas) par le fait que si abstrus figure aux pages du Littré, abscons en est exclu !



[1] Au faîte.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Dimanche 30 mars 2008

Acacia : ne prend définitivement qu’un c. S’il trouve sa place dans ces pages, ce n’est pas pour ses qualités poétiques – il est déraisonnablement épineux- mais plutôt parce qu’il présente l’une de ces singularités de la nature qui le rendent éminemment remarquable. L’acacia, dont sont friandes les girafes qui poussent sous les mêmes latitudes, se protège de leur gourmandise en produisant un poison suffisamment nocif pour dissuader ces élégants animaux de dévorer des bosquets entiers. Le premier arbuste attaqué sécrète la toxine dès lors qu’il se sent las de servir de souper et pousse l’obligeance jusqu’à prévenir ses congénères adjacents de l’imminence du danger [1]. Ne me demandez pas comment, je l’ignore.  Les missionnaires d’Afrique devaient l’ignorer également [2] sinon ils ne se seraient sans doute pas éteints dans les marmites des aborigènes locaux.

A titre tout à fait anecdotique, on notera que certains grammairiens, tels Monsieur Ménage [3] , furent en leur temps d’avis que ce mot n’accepte pas d’s au pluriel.

L’Académie, dans sa grande sagesse,  en décida autrement, et punit Monsieur Ménage de ses audaces en lui refusant en son sein une place qu’il n’avait d’ailleurs pas sollicitée.

 

 

 



[1] C’est de notoriété publique.

[2] C’est une hypothèse.

[3] Gilles Ménage (1613-1692) auteur du Dictionnaire étymologique du français, paru en 1694.

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Samedi 29 mars 2008

Achalander : Signifie définitivement, catégoriquement et sans discussion possible, bien fourni en chalands, c'est-à-dire en clients, et en aucun cas, jamais, en marchandise. On distingue le chaland de la « pratique », détestablement ouvrière, à son embonpoint de bon aloi et au port d’un couvre chef de feutre du bon faiseur qui affichent son immédiate et rassurante solvabilité.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Samedi 29 mars 2008

 

Acolyte : avant de s’enliser dans le sens de comparse auquel nous le confinons aujourd’hui, l’acolyte était l’enfant de chœur personnel d’un évêque. On l’adjoignait fréquemment au personnel liturgique lors des grandes messes, flanqué d’un thuriféraire [1] pour faire bonne mesure.

Il est à noter que le terme « enfant de chœur » à lui aussi subi une subtile dépréciation au cours de ce siècle du fait de son utilisation presque exclusive dans des constructions négatives. On dit en effet plus souvent d’un jeune homme, à notre époque, qu’ « il n’est pas un enfant de chœur » plutôt que le contraire.

Bien qu’il soit parfaitement légitime d’écrire que votre fils s’est acoquiné à un douteux acolyte (acoquiner acceptant d’ailleurs –à l’inverse d’acacia- de s’orthographier accoquiner), il ne faut pas  attribuer par mégarde la même étymologie aux deux mots. Accoquiner vient indubitablement de coquin, et n’est donc apparenté à acolyte que par l’absence de sens moral.



[1] Le thuriféraire est le clerc chargé de l’encensoir, ce qui explique que le terme soit devenu synonyme de flagorneur.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Vendredi 28 mars 2008

Acclimater : En voilà un qui prend deux c. Outre que cette constatation constitue à elle seule une raison suffisante pour justifier sa présence, il faut encore noter que le processus d’autodéfense des acacias mentionné ci-dessus n’est autre qu’une forme d’acclimatation à l’environnement.

Foutaises me direz vous, hé bien oui, ce verbe n’est ici que prétexte à disserter, diserter même, sur l’opportunité du néologisme.

Bien des mots furent, en leur jeune âge, dénoncés comme néologismes. Reste que les néologismes d’hier sont souvent les classiques des puristes d’aujourd’hui. Acclimater en est un incontestable exemple. Créé par Monsieur l’Abbé Raynal (jésuite du 18ème siècle, auteur de nombreux essais et d’une « histoire des deux Indes »), cité pour la première fois au dictionnaire de l’Académie en 1798, il est l’illustration parfaite du néologisme dicté par la nécessité scientifique, d’autres vocables, comme emparouiller ou moindritude, toujours absents des dictionnaires, répondant, eux, à une nécessité poétique ou littéraire.

 

ü      Emparouiller : « Le grand combat » Henri Michaux

ü      Moindritude : traduction du « lessness » de Samuel Beckett

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Jeudi 27 mars 2008

Accroche-cœur : Donne au pluriel « des accroche-cœurs » ou « des accroche-cœur » au choix comme on veut, ce qui est bien pratique.

L’accroche cœur, donc, est une petite mèche de cheveux aplatie en boucle sur la tempe ou le front.

On trouve également, dans le même esprit de séduction désuète, les « suivez-moi-jeune-homme », nœuds de rubans flottant dans l’air léger aux chapeaux de pucelles en quête de mari, voire plus si affinités.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Jeudi 27 mars 2008

Acculer : Pousser quelqu’un ou quelque chose dans un coin, contre un mur…

Ce verbe offre, avec d’autres du premier groupe, des possibilités toujours renouvelées de facile gaudriolage grâce au jeu de l’homophonie.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Mercredi 26 mars 2008

Adage : l’adage est la noblesse du proverbe, sa formulation littéraire, et nous livre sous la plume de grands auteurs de roturières vérités.

« Le crime est oublié sitôt qu’on le répare », écrivait Corneille. « Faute avouée est à moitié pardonnée » dit le proverbe. « Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire » trouve-t-on sous la plume de Boileau, quand les épiciers disent qu’ « Au pays des aveugles, les borgnes sont rois », On le voit, la différence ne réside pas dans la portée de la pensée, mais bien dans la recherche de son expression.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Mardi 25 mars 2008

Adultère : feminum est.

Qui osera démentir la singulière évidence ?

L’adultère est féminin. Cédons humblement la parole à Yvan Rheault, prédicateur occasionnel et webmaster de l'Église Baptiste Évangélique de St Hyacinthe au Québec, qui se consacre, via le web, à l’éradication du Mal par la chanson[1], et fredonnons même avec lui, sur l’air du Gorille, ce texte de son crû :

                                                                                                 

« Lucie Ferland te ment, te tente
Lucifer, lentement, t'attend

Son tableau de chasse est plein
De naïfs qu'elle a séduit
Sur sa liste, t'es le prochain
A tomber à son service
C'est le temps que tu t'enfuisses »

N’y a-t-il rien qui vous fasse frémir ? – hormis le style s’entend.

Qui est cette Lucie Ferland ? L’une de ces mémorables salopes succubes qui aurait autrefois sévi aux confins du Québec ? Nenni, c’est vous[2] c’est moi[3] . Nous toutes les gonzesses, fatalement tentatrices puisqu’on met point d’fichu, et qu’on ne pense rien qu’à faire choir dans nos rêts des benêts[4] acadiens.

C’est sur la base de ce principe que les hommes de loi et les hommes d’église, ceux qui portent jupon, ont établi les châtiments qu’on applique aux femmes adultères.

« L’évangile »[5], écrivait la Comtesse d’Arcira dans la plaidoirie qu’elle présenta jadis à ses juges, «a défendu l’adultère à mon mari tout comme à moi ; il sera damné comme moi, rien n’est plus avéré. Lorsqu’il m’a fait vingt infidélités, qu’il a donné mon collier à une de mes rivales, et mes boucles d’oreilles à une autre, je n’ai point demandé aux juges qu’on le fît raser, qu’on l’enfermât chez des moines, qu’on me donnât son bien. Et moi, pour l’avoir imité une seule fois, pour avoir fait avec le plus beau jeune homme de Lisbonne ce qu’il fait tous les jours avec les plus sottes guenons de la ville et de la cour, il faut que je réponde sur la sellette devant des licenciés, dont chacun serait à mes pieds si nous étions dans mon cabinet ; il faut que l’huissier me coupe à l’audience mes cheveux, qui sont les plus beaux du monde ; qu’on m’enferme chez les religieuses qui n’ont pas le sens commun, qu’on me prive de ma dot…Je demande si la chose est juste, s’il n’est pas évident que ce sont les cocus qui ont fait les lois » 

Acquiesçons à son évidence, et même illustrons là.

De tous temps, les femmes se sont battues pour qu’on leur reconnaisse l’adultère partagé, lasses d’affronter seules les joies primesautières de la lapidation. Dans les pays soumis à la loi islamiste, le code pénal prévoit encore, de nos jours, qu'un homme surprenant son épouse ou sa soeur en flagrant délit d’adultère et venant à la tuer, elle ou son complice, bénéficiera d’une excuse absolutoire, et le témoignage d’une femme vaut moitié de celui d’un homme. N’allons pas – inconsidérément - conclure que l’obscurantisme règne partout et encore en territoire mauresque. Les autorités afghanes elles mêmes, peu susceptibles de laisser-aller en matière de morale, ont récemment adouci l’horreur de la lapidation en réduisant, par décret, la taille des cailloux utilisés pour l’application de la peine. Que le temps fasse son œuvre et bientôt, l’on sablera, là-bas, en un châtiment symbolique, les femmes confondues[6].

Chez nous, heureusement, l’adultère n’est plus depuis longtemps passible de la confiscation ni de réclusion dans un couvent. Depuis 1975, il n’est même plus sanctionné du tout. A cette époque reculée, le code pénal déclarait délictueux l’adultère féminin, alors que le même acte n’était passible pour l’époux que d’une amende[7], à condition qu’il ait été commis au domicile conjugal, de façon répétée, et dûment constaté par un acte d’huissier. De même, le meurtre commis par l’époux sur son épouse adultère prise la main dans le sac bénéficiait également de « l’excuse absolutoire » toujours en vigueur chez les barbaresques, alors que la seule castration – gênante pour qui en est victime, mais moins que le meurtre, n’assurait l’indulgence des juges que dans les cas de viols.

Pourquoi, dans ce cas, vous bassiné-je encore avec des revendications ineptes au sujet de prétendues inégalités de traitement ?

Mais la condamnation morale, l’opprobre du voisinage, le sourire cauteleux de l’hôtelier, ne sont ils pas aussi difficiles à vivre, pour l’immense cohorte des Lucie Ferland, que la lapidation ?

 

 



[1] Les Evangélistes, malgré leur criante inaptitude à la musique, donnent dans la guitare avec obstination.

[2] Je cause aux filles là.

[3] Et je déteste qu’on m’appelle Lucie, sauf si je m’appelais Lucie, ce qui n’est pas le cas.

[4] Justement. Le dictionnaire des locutions vicieuses du Français du Canada signale le mot comme dérivé de beignet utilisé là-bas dans le sens de « simple d’esprit ».

[5] Dictionnaire philosophique de Monsieur Voltaire. C’est une œuvre qu’on n’étudie pas à l’école. On a tort, c’est la meilleure. On y apprend, entre autres, à l’article « Flux de ventre » qu’il convient… et puis, finalement, allez le lire vous-même. Gallica, le site de la BNF. Merci Monsieur Mitterrand. C’est vrai quoi…

[6] La loi islamique, d’ailleurs, prévoit la même peine de lapidation pour les femmes et les hommes adultères, en théorie.

[7] Oui, mais payée à qui ?

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Lundi 24 mars 2008

Agglutinogène : Qui possède la propriété d’agglutiner.

D’où l’évidente constatation qu’un accident de rue peut-être à la fois banal et agglutinogène.

Plus sérieusement, on emploie bien plus avantageusement le terme « groupagène » pour désigner tout évènement susceptible de rassembler plus de trois personnes.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Lundi 24 mars 2008

 

Allitération : Procédé littéraire qui consiste à répéter les mêmes sonorités de consonnes à l’initiale de plusieurs syllabes ou mots (la répétition des voyelles portant le doux nom d’assonance).

L’exemple le plus classique de l’allitération reste sans conteste :

 

*     « pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? »

Jean Racine, Andromaque.

 

Le rôle de l’allitération est à l’évidence exclusivement poétique.

 

Si je me demande :

 

*     « A qui sont destinés les avertissements des reptiles formulés sur nos boites crâniennes »,

 

Je ne change en aucune façon le sens du propos, mais en changeant sa forme, j’en altère le poids et la densité, je lui fais perdre toute poésie. Ce qui nous permet d’affirmer que l’allitération est le procédé inverse de l’altération malgré la ressemblance fortuite des deux mots.  

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Samedi 22 mars 2008

Allochtone : Est le parfait contraire d’autochtone, qui lui est l’exact synonyme du précité aborigène, c'est-à-dire, « qui n’est pas originaire du pays où il habite »[1]

C’est ainsi qu’un parisien né et vivant à Paris pourra être sans coup férir qualifié indifféremment d’aborigène ou d’autochtone, alors que le même parisien né à Paris mais résidant à Pau, ou n’importe ou ailleurs, se classera indubitablement dans la catégorie des allochtones. Pour être le plus complet possible, nous signalerons que les allochtones sont souvent allogènes[2], même s’ils ne sont pas des lumières, et que la catégorie particulière des allochtones chinois pourra, elle, être qualifiée pour l’occasion d’allosinogène.



[1]TLF, Trésor de la Langue Française. Un bijou. En accès libre à l’adresse suivante : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm 

[2] « se dit d’un groupe ethnique installé depuis relativement peu de temps sur un territoire et présentant encore des  caractères raciaux ou ethniques qui le distinguent de la population autochtone » TLF.

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Vendredi 21 mars 2008

Amphibologie : J’avais décidé d’exclure de ce dictionnaire tout terme technique. Amphibologie sonne le glas précoce de ma résolution. Tout d’abord il n’existe pas de règle qui ne souffre en silence au moins une exception, ensuite aucun d’entre vous ne s’est précédemment élevé contre l’allitération sous prétexte que le terme est connu du vulgaire.

L’amphibologie, dite aussi Jeannotisme, désigne l’ambiguïté d’une phrase, procédé aussi honorable en littérature que foncièrement comique dès qu’utilisé fortuitement par les rédacteurs de faits divers et les membres de la maréchaussée.

                                     

ü      « les magistrats jugent les enfants coupables »

ü      « il avait renversé un viticulteur qui avait eu les jambes broyées et s’était enfui »

 

Il suffit souvent de peu de choses pour lever l’amphibologie d’une phrase, si tant est qu’on en ait envie.  Dans le cas du premier exemple cité, on préfèrera à l’emploi d’un adjectif aussi ambigu que coupable celui d’un substantif, pour écrire :

 

*   Les magistrats jugent de la culpabilité des enfants.

 

Dans le second exemple cité, la cause de l’amphibologie tient au « et » dont on ne peut savoir s’il est relié à la proposition principale ou à la relative. On peut aisément changer alors la structure de la phrase pour :

 

*    Il s’était enfui après avoir renversé un viticulteur qui avait eu les jambes broyées.

 

 

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Jeudi 20 mars 2008

 

Amphigouri : L’amphigouri est une courte folie littéraire, un écrit burlesque, volontairement obscur ou incompréhensible. Le mot acquit par extension un sens supplémentaire et péjoratif d’embrouillamini, d’inintelligible sabir patagon.

 

Il désigne également en poésie une petite pièce parodique et galimatiesque.

 

Nous citerons en exemple l’amphigouri suivant  pour ce qu’il est à l’origine d’une amusante anecdote :

 

Qu’il est heureux de se défendre

Quand le cœur ne s’est pas rendu !

Mais qu’il est fâcheux de se rendre

Quand le bonheur est suspendu.

Par un discours sans suite et tendre,

Egarez un cœur éperdu ;

Souvent par ton mal entendu

L’amant adroit se fait entendre.[1]

 

Fontenelle, aujourd’hui reconnu comme l’un des premiers philosophes [2] du grand siècle, l’ayant entendu chez Madame Tencin et lui trouvant toute l’apparence d’un discours cohérent, se le fit répéter afin de s’assurer du sens. A Madame Tencin[3], qui s’étonnait qu’il n’eût pas reconnu à première lecture toute l’absurdité du poème, il répondit que celui-ci était si pareil aux finesses qu’il était coutumier d’entendre chez elle qu’il n’était pas surprenant qu’il se soit, pour une fois, fourvoyé.



[1] Auteur inconnu. Renseignements bienvenus. « Wakefield, pensant qu’il s’agissait d’un travail sérieux, s’employa à en démontrer en deux pages les faiblesses ». Curiosities of Literature. Isaac d’Israeli.

[2] Les philosophes avaient bien entendu leurs détracteurs, qui par dérision les qualifiaient  de « cacouacs ». Nodier, dans son truculent  « examen critique des dictionnaires » commente en ces termes : « Ce n’est pas, comme le pense M. Boiste, Voltaire qui a inventé le plaisant mot de cacouac pour désigner les philosophes; c’est un certain Moreau, historiographe très-bien pensionné, très-prolixe et très-inconnu. Cacouac est un mot grec qui signifie mauvais, avec une terminaison iroquoise qui ne signifie rien. Les philosophes s’arrogèrent ce nom comme les gueux du Brabant; et, ce qu’il y a de pis, ils prirent la dérision au mot. Ce n’est pas ce qu’ils ont fait de mieux. »

[3] Nonne défroquée, elle devint célèbre à la fois pour ses frasques amoureuses et le salon d’agiotage qu’elle ouvrit à Paris et où se pressèrent les plus beaux esprits du siècle. Ses illégitimes amours eurent pour fruit, dit-on, le mathématicien d’Alembert, corédacteur avec Diderot de l’Encyclopédie qui porte leur nom.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Mercredi 19 mars 2008

Analecte : Le terme dans son acception première d’esclave chargé de ramasser les restes d’un repas ayant désormais basculé sans rémission dans la désuétude, le correcteur orthographique s’obstine à dénoncer la version singulier. Mais les technologies modernes portent en elles leurs faiblesses, et j’ai d’un clic droit, pur et franc, contraint ce veule instrument à l’immédiate obéissance (pour ceux qui l’ignorent encore sélectionner « ajouter au dictionnaire »).

Au pluriel, ce terme désigne un recueil de textes en prose ou en vers, une églogue. Le vocable le plus utilisé de nos jours pour désigner ce genre de chose est probablement « best of ». C’est y pas dommage ?

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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