Les A

Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /2008 08:48

Accroche-cœur : Donne au pluriel « des accroche-cœurs » ou « des accroche-cœur » au choix comme on veut, ce qui est bien pratique.

L’accroche cœur, donc, est une petite mèche de cheveux aplatie en boucle sur la tempe ou le front.

On trouve également, dans le même esprit de séduction désuète, les « suivez-moi-jeune-homme », nœuds de rubans flottant dans l’air léger aux chapeaux de pucelles en quête de mari, voire plus si affinités.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /2008 18:35

Acclimater : En voilà un qui prend deux c. Outre que cette constatation constitue à elle seule une raison suffisante pour justifier sa présence, il faut encore noter que le processus d’autodéfense des acacias mentionné ci-dessus n’est autre qu’une forme d’acclimatation à l’environnement.

Foutaises me direz vous, hé bien oui, ce verbe n’est ici que prétexte à disserter, diserter même, sur l’opportunité du néologisme.

Bien des mots furent, en leur jeune âge, dénoncés comme néologismes. Reste que les néologismes d’hier sont souvent les classiques des puristes d’aujourd’hui. Acclimater en est un incontestable exemple. Créé par Monsieur l’Abbé Raynal (jésuite du 18ème siècle, auteur de nombreux essais et d’une « histoire des deux Indes »), cité pour la première fois au dictionnaire de l’Académie en 1798, il est l’illustration parfaite du néologisme dicté par la nécessité scientifique, d’autres vocables, comme emparouiller ou moindritude, toujours absents des dictionnaires, répondant, eux, à une nécessité poétique ou littéraire.

 

ü      Emparouiller : « Le grand combat » Henri Michaux

ü      Moindritude : traduction du « lessness » de Samuel Beckett

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /2008 08:50

 

Acolyte : avant de s’enliser dans le sens de comparse auquel nous le confinons aujourd’hui, l’acolyte était l’enfant de chœur personnel d’un évêque. On l’adjoignait fréquemment au personnel liturgique lors des grandes messes, flanqué d’un thuriféraire [1] pour faire bonne mesure.

Il est à noter que le terme « enfant de chœur » à lui aussi subi une subtile dépréciation au cours de ce siècle du fait de son utilisation presque exclusive dans des constructions négatives. On dit en effet plus souvent d’un jeune homme, à notre époque, qu’ « il n’est pas un enfant de chœur » plutôt que le contraire.

Bien qu’il soit parfaitement légitime d’écrire que votre fils s’est acoquiné à un douteux acolyte (acoquiner acceptant d’ailleurs –à l’inverse d’acacia- de s’orthographier accoquiner), il ne faut pas  attribuer par mégarde la même étymologie aux deux mots. Accoquiner vient indubitablement de coquin, et n’est donc apparenté à acolyte que par l’absence de sens moral.



[1] Le thuriféraire est le clerc chargé de l’encensoir, ce qui explique que le terme soit devenu synonyme de flagorneur.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /2008 08:52

Achalander : Signifie définitivement, catégoriquement et sans discussion possible, bien fourni en chalands, c'est-à-dire en clients, et en aucun cas, jamais, en marchandise. On distingue le chaland de la « pratique », détestablement ouvrière, à son embonpoint de bon aloi et au port d’un couvre chef de feutre du bon faiseur qui affichent son immédiate et rassurante solvabilité.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 18:18

Acacia : ne prend définitivement qu’un c. S’il trouve sa place dans ces pages, ce n’est pas pour ses qualités poétiques – il est déraisonnablement épineux- mais plutôt parce qu’il présente l’une de ces singularités de la nature qui le rendent éminemment remarquable. L’acacia, dont sont friandes les girafes qui poussent sous les mêmes latitudes, se protège de leur gourmandise en produisant un poison suffisamment nocif pour dissuader ces élégants animaux de dévorer des bosquets entiers. Le premier arbuste attaqué sécrète la toxine dès lors qu’il se sent las de servir de souper et pousse l’obligeance jusqu’à prévenir ses congénères adjacents de l’imminence du danger [1]. Ne me demandez pas comment, je l’ignore.  Les missionnaires d’Afrique devaient l’ignorer également [2] sinon ils ne se seraient sans doute pas éteints dans les marmites des aborigènes locaux.

A titre tout à fait anecdotique, on notera que certains grammairiens, tels Monsieur Ménage [3] , furent en leur temps d’avis que ce mot n’accepte pas d’s au pluriel.

L’Académie, dans sa grande sagesse,  en décida autrement, et punit Monsieur Ménage de ses audaces en lui refusant en son sein une place qu’il n’avait d’ailleurs pas sollicitée.

 

 

 



[1] C’est de notoriété publique.

[2] C’est une hypothèse.

[3] Gilles Ménage (1613-1692) auteur du Dictionnaire étymologique du français, paru en 1694.

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /2008 18:32

Abscons : Désigne à l’origine toute abstraction peu accessible, obscure et difficile à expliquer.

Dans une acception plus péjorative, il qualifie le langage des raisonneurs pédants plus soucieux de paraître au fait que de s’y hisser[1].

On peut aisément répondre à l’abscons par l’abstrus, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Certains lecteurs pourront être intéressés (n’en doutons pas) par le fait que si abstrus figure aux pages du Littré, abscons en est exclu !



[1] Au faîte.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /2008 00:00

Aborigène : Signifie tout simplement « qui est originaire du pays où il vit ». Ce terme est trop souvent dénaturé en « arborigène », barbarisme colonialiste et le plus souvent involontaire désignant apparemment les aborigènes arboricoles. Les célèbres aborigènes d’Australie seraient, selon de savantes hypothèses, originaires de Nouvelle Guinée[1]. L’incontestable proximité géographique et l’indéniable air de famille portent à croire l’hypothèse fondée. On pourrait, en théorie devoir la vérifier en recherchant dans les dialectes des uns et des autres des termes communs, tels kangourou et koala, qui nous sont familiers. Mais en théorie seulement.

Il se trouve que la Papouasie-Nouvelle-Guinée est le pays le plus multilingue du monde, dans lequel on a recensé 860 langues pour une population de 4,5 millions d’habitants, ce qui, on s’en doute, dissuade tout individu normalement constitué d’entreprendre une analyse lexicale comparative pour prouver quoi finalement, hein ?



[1] Ben oui, des aborigènes venus d’ailleurs.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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