Vendredi 14 mars 2008
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Aragon : « Au pays da-ga d'Aragon
Il y avait tu gud'une fill'
Qui aimait les glac's au citronEt vanille
...Au pays de-gue de Castille
Il y avait te-gue d'un garçon
Qui vendait des glaces vanill'Et citron. »
Est-il besoin de le citer ?
Il est de ceux qui sont entrés dans les manuels scolaires avant leur complète décomposition.
Ou bien la décomposition des textes de Monsieur Bobby Lapointe est elle ce qui les rend si décoaxialement délicieux.
Retournez écouter « Lumière tango », « Ta katie t’a quitté »…
Bref, l’Aragon. L’Aragon (qui eut Ubu pour roi) a inspiré bien des poètes. Facile
vérité.
L’Aragon est surtout connu pour son alliance politique et matrimoniale avec la Castille, autre province espagnole au doux parfum d’inquisition.
Ferdinand, d’Aragon, épousa en 1469 et en catimini (pour diverses raisons de politique familiale et successorale dont nous ne traiterons pas tant elles sont aussi
fastidieuses qu’essentielles), épousa, donc, Isabelle de Castille, notoire usurpatrice d’un trône qui ne lui était pas destiné, et qu’elle n’avait d’ailleurs à ce moment pas
conquis.
A eux deux, plus quelques moindres autres, ils allaient unifier et reconquérir l’Espagne, qui n’était alors qu’un Emirat, et bouter les maures hors la péninsule
ibérique. Le deux janvier 1492, Boabdil, sultan de Grenade, se rend aux armées espagnoles.
L’année sera faste pour l’Espagne. Le douze octobre, Christophe Colomb découvre l’Amérique, dont couleront des flots d’or qu’elle ne saura
pourtant pas faire fructifier.
Pour lors, débarrassée des musulmans, Isabelle de Castille va lancer l’inquisition sur les juifs, provoquant une émigration massive, d’innombrables conversions qui
durent moins à la persuasion qu’à la cœrcition, et la résurgence des feux de joie, dont les cendres avaient à peine eu le temps de tiédir.
La mort d’Isabelle de Castille en 1504 signe le renouveau des luttes intestines pour la conquête de son trône, aboutissant à la mainmise des Habsbourg sur
l’Espagne. Charles Quint règnera dès 1519 sur l’Espagne, les Amériques et les deux tiers de l’Europe, isolant la France de François 1er qui en sera réduite à
chercher secours chez Barbe Bleue et, l’histoire est elle facétieuse, chez les Turcs !
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