Mardi 26 février 2008 2 26 02 2008 09:28

Boétie : La Boétie ne doit pas être confondu avec le béotien que nous avons évoqué plus haut. Même si les deux mots ont l’air copains comme cochons, La Boétie a des amis moins teignes[1].



[1] C’est le propre d’un bon calembour que d’être mauvais. La Boétie a pour ami Montaigne.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les B
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Lundi 25 février 2008 1 25 02 2008 09:29

Bon-chrétien : Variété de grosse poire très appréciée, nous dit le Larousse. Que les rédacteurs du Larousse prennent leurs responsabilités, et que les mauvais esprits se gardent  de toute irrévérence.

Pourquoi diable mentionner une variété de poires dont tout le monde se contrefiche, et dont personne n’a jamais, du reste, entendu parler ?

 Parce que son étymologie est un mystère qui a préoccupé des générations d’historiens de la langue. Les hypothèses sont nombreuses, souvent incongrues, et Nodier, adepte de la simplicité et de la logique en matière d’étymologie,  propose la sienne dans son « Examen critique des dictionnaires ».

 

 »

 

Au registre des poires improbables parce que de genre masculin, on trouvera aussi le chat-brûlé, variété à chair pierreuse, ou le caillot-rosat. Le pluriel de ces trois espèces est évidemment lui aussi source de contrariétés. On écrit cependant « des bons-chrétiens », « des chats-brûlés », etc, faisant fi des conseils avisés des grammairiens qui prônent qu’on n’écrive que « des poires bon-chrétien » ou « des poires chat-brûlé ».

Le sujet passionne, je le sens. Je comblerai peut-être les plus exigeants des lecteurs en ajoutant que Nodier, toujours dans son examen critique des dictionnaires, prête à la poire « capendu » des origines dans le nom composé « court-pendu ». Je je doute pourtant fortement de l’exactitude de cette définition depuis que j’ai lu dans le Littré, sous l’entrée « capendu » la définition suivante « espèce de pomme rouge ». Qui croire, Seigneur, qui croire ?

Dans tous les cas, on ne trouve plus sur les marchés que des poires passe-crassane qui sont à mon humble avis impropres à la consommation. 

 

 

Et listées au TLF

Première édition en 1828. Deux cent ans après sa mort, Ménage est toujours brocardé pour ses méthodes fantaisistes. Il faudra attendre la fin du vingtième siècle pour que les lexicographes lui rendent hommage, en démontrant que 70% de ses étymologies sont correctes.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les B
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 12 2007 17:52
Racketteur : Probablement issu du gaëlique racaid qui signifie bruyant, premier sens du racket anglais, il a donné aux USA le racketeer, adepte de l’extorsion de fonds par la terreur ou l’intimidation. Son synonyme Français le plus proche est à trouver dans le substantif assureur. Dans la plupart des cas, les pratiques de cette corporation ne relèvent que du plus strict abus.
Par Marie Rennard - Publié dans : Les R
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 12 2007 16:30

De la psychohistoire : C’est dans le cerveau positronique de Giskard, robot télépathe du Docteur Fastolfe, humaniste et roboticien d’Aurora, seul créateur des robots humanoïdes que naît l’idée de cette science qui alliera l’histoire, la psychologie, la statistique et les probabilités pour déterminer en projections tridimentionnelles, grâce aux équations a-chaotiques de Sohrb et O’Sien,  le cours à venir de l’histoire de l’humanité. Du rêve à la concrétisation, il passera des millénaires. C’est avec Hari Seldon que, sur Trantor, la psychohistoire prendra son envol notamment grâce à l’aide de Daneel, clé de voûte de l’œuvre. Sous leur égide  s’établiront deux Fondations, l’une technologique, l’autre secrète et mentaliste, qui oeuvreront, après la chute de l’empire galactique, à réduire le chaos pour épargner à l’humanité trente mille ans de ténèbres.

Sa vie durant, cet incroyablement prolifique auteur qu’aura été Asimov a tracé l’histoire future de l’humanité comme l’on brode un canevas. Des nouvelles de Robots au premier cycle des fondations, en passant par les cavernes d’acier ou les enquêtes d’Elijah Baley sur Solaria puis Aurora, cet homme qui regrettait de s’être fait biochimiste plutôt qu’historien nous a conté les guerres et les hommes à venir.

A moins que, lecteur vierge, on ne décide de se livrer à une lecture méthodique de l’œuvre d’Asimov dans l’ordre chronologique de l’histoire, on n’a souvent d’autre choix que de la découvrir comme il l’a écrite, sous forme de puzzle et en assemblant les morceaux jusqu’au jour où le dernier livre posé – Terre et Fondation, le reflet de la perle illumine le tableau, et qu’on reste sur cette taraudante question : comment un homme aussi individualiste que l’était Asimov a-t-il pu choisir la solution Gaïa ?

Par Marie Rennard - Publié dans : Les P
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 12 2007 17:31

Cherche-midi : Ou croque-lardon[1], noms sous lesquels on désignait, jusqu’au début du siècle, les parasites qui cherchaient à cette heure de la journée un endroit où se faire nourrir gratis. Le mot est aujourd’hui oublié dans ce sens là, on lui préfère « pique-assiette »,  ou « écornifleur » quand on a des lettres, et le Cherche-midi ne désigne plus  qu’un célèbre Editeur[2]. N’allons pas, d’un rapprochement intempestif, faire une tout aussi intempestive transition avec les mœurs (réelles ou supposées) des représentants de cette aimable profession,  comme le très-illustre Monsieur Philippe Héraclès, auquel je fais pour l’occasion ma révérence. Il sera toujours temps de la retirer quand il m’aura écrit d’aller porter ailleurs mes considérations.
...
Voilà c'est fait. Donc je retire, et je remets le dico on line, heureux lecteurs, et au diable les jolies éditions papier. Z'avez qu'à imprimer si vous visez à l'impérissable !



[1] Oui, enfin un nom composé qui a un pluriel régulier !

[2] C’est également le nom de la rue où officie ledit éditeur, qui abrita Victor Hugo (la rue, pas l’éditeur) à l’époque où elle était baptisée rue des vieilles tuileries.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les C
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 11 2007 08:51

En hommage à Martin Veyron.

Hermite (Bernard l’) : L’essentiel des mœurs de ce pagure qui abonde sur nos côtes nous est connu. Ce décapode[1] est le coucou des mers. Squatteur de coquilles spiralées au sein desquelles il abrite  l’abdomen mou qui lui a valu d’être classé dans la famille des coenobitidés, comme les moines éponymes[2], il change d’abri au gré de sa croissance, n’hésitant pas à déloger « dextro pinçu militari[3] »  les occupants légitimes des coquilles qu’il convoite.

Quiconque s’est promené à marée basse sur les rochers bretons s’est un jour posé la question de savoir si un Bernard l’Hermite logeait dans un coquillage fraîchement ramassé.

Il existe plusieurs moyens hautement rationnels de s’en assurer.

On peut, tout d’abord, et très primairement, briser le coquillage à l’aide d’un galet. On aura soin de ne point le broyer, afin de ne pas compliquer l’autopsie. Une observation sommaire du magma subsistant permettra de déterminer la présence d’un invertébré dans la coquille, mais son identification pourra cependant s’avérer délicate.

Un second moyen consiste à plonger le coquillage dans de l’eau suffisamment chaude pour convaincre l’animal d’en sortir. Outre le fait que la réalisation de l’expérience en bord de mer et par grand vent comporte de dissuasives contraintes, et bien que le problème de l’identification soit dans ce cas résolu, ce moyen, comme le premier suggéré, comporte l’inconvénient de ne jamais pouvoir être pratiqué deux fois sur le même sujet.

Un troisième moyen, que nous vous recommandons à la fois pour son efficacité et son absence totale de nocivité pour les deux parties concernées par l’expérimentation, soit rappelons le l’observateur et le Bernard l’Hermite, consiste simplement à héler vivement le présupposé locataire d’un cordial « Y’a quelqu’un ? » bien dans l’axe d’ouverture de la porte d’entrée[4].

On pourra alors constater que le Bernard l’Hermite est mal nommé, et qu’il répond toujours aux sollicitations d’éventuels passants en se présentant en personne à son huis, sans jamais rechigner, et aussi souvent qu’il plaira aux plus farceurs esprits.



[1] Voir Etymologie

[2] Non, c’est une blague, et j’attends les hypothèses de lecteurs hellénistes ou biologistes sur une éventuelle similitude étymologique.

[3] Il n’existe pas de pagure gaucher. La nature fait donc parfois preuve de constance.

[4] Certains doutent, je le sens. Qu’ils essaient donc eux-mêmes.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les H
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 11 2007 08:47

 

Grimoire, glamour : C’est en altérant grammaire par un dérivé de grimace, allusion aux convulsions faciales de quiconque s’essaie au thème grec qu’on a donné naissance au terme de grimoire. Par grimoire, on désigne tout ouvrage ancien dont les mystères ne sont déchiffrables qu’en alliant érudition et pratiques occultes[1].

Glamour, lui, vient de l’altération écossaise du terme anglais grammar, avec à l’origine le sens de « sort », « enchantement ». Depuis les années trente, l’adjectif glamour qualifie, pour les anglois comme pour les francophones, une créature sexy, pulpeuse et mystérieuse, ce qui est bien la preuve que la grammaire est la plus séduisante des femmes. Il n’y a guère qu’avec la syntaxe qu’on aime à la tromper quelquefois, mais jamais sans songer à elle et lui en demander pardon.

On ne publie, de nos jours, plus guère de grimoires, et il est difficile de s’en procurer d’authentiques. Bien sûr, les couvertures factices abondent, tâchant par de dérisoires manœuvres de merchandising de séduire le lecteur avide de mystères qui prendraient leurs racines à la source des langues, des textes d’où la magie ne serait pas absente, et où l’on sentirait les mots d’avant Babel, quitte à suer un peu pour définir le sens. Hé bien ces textes existent, et se peuvent trouver. Non chez les antiquaires, mais dans l’espace magique de notre temps, où un enchanteur de mots œuvre inlassablement, essaimant ses poèmes, grimoires d’avenir. J’ai nommé Guido Monte, trop méconnu encore, mais que l’histoire sans doute reconnaîtra pour l’un des siens.  Je ne développerai pas ici ses théories sur l’harmonie des sens[2], je vous laisse y goûter, en vous livrant l’un de ses textes, et vous engage à le faire connaître mieux, si comme moi  vous succombez à la pureté de son verbe.

 

Genesis

Guido Monte

 

in principio diviserunt Elohim

coelum et terram

and the land was left barren

et les ombres noires enveloppaient les profondeurs


bade korgolòdei dar ruie
oghionusoh parmisad
(et aura divina
super oceani undas)


The author thanks Liliana Lo Giudice, Rosa Maria Costa, and Sepidè Akhavanabiri.



[1] Qui songera vous faire accroire qu’on peut réussir un thème grec, ou latin, sans recourir à la magie, devra être taxé de mensonge et pendu haut et court.

[2] Voir article complet dans le lien intitulé « maranzakiniana ».

Par Marie Rennard - Publié dans : Les G
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 11 2007 08:44

 

Grec : Le grec est une langue merveilleuse. Illisible, mais merveilleuse.

Curieusement, la contribution du grec à la langue française ne s’est faite presque exclusivement que via le latin, si l’on excepte les mots directement composés de racines grecques qui sont de création somme toute très récente[1], et souvent dédiés aux sciences ou, dans le domaine littéraire, à la franche gaudriole.

Les Grecs, pourtant, sont à l’origine de la création de la ville de Marseille, qui fut grâce à eux la première république en territoire « français », ainsi que de nombre de comptoirs sur nos côtes méditerranéennes. Leur présence dans la région dura plus de six siècles. Il semblerait logique que leur langue imprégnât la nôtre, ou, pour le moins, la langue d’Oc. Il n’en est rien, pourtant.

Selon Voltaire, le français ne compterait tout au plus qu’une trentaine de termes directement issus du Grec[2], et certainement guère plus en Provençal, mais les raisons ?

Résistance à l’occupation ? Cela ne semble guère probable, les bénéfices engendrés par l’établissement de comptoirs maritimes ont dû drainer l’enthousiasme des marseillais de l’époque, et avec lui la pratique de la langue. Selon la légende, les marseillais d’ailleurs se seraient mis de leur plein gré sous la tutelle de leurs visiteurs Phocéens[3].

En 1552, c'est-à-dire la période où le grec a reconquis en France ses lettres de noblesse, on peut lire sous la plume d’Estienne[4] « c'est (Marseille) un port de mer, anciennement université des lettres grecques, latines et gauloises, à raison de quoi l'on appelait ceux de Marseille trilingues".

Bien après que la ville se soit affranchie de la présence grecque pour faire allégeance au pouvoir de Rome[5], elle restait connue pour ses liens avec la langue grecque. Pourquoi, alors, le grec ne s’est-il pas instillé dans le langage plus tôt et avec plus de vigueur?

Laissons la question aux spécialistes de l’histoire des langues, et revenons aux raisons qui font du grec une langue merveilleuse, en évitant cette fois toute digression oiseuse.

Le grec est, par excellence, la langue des sciences, et ce pour deux raisons majeures. D’une part, elle permet de nommer les choses avec une remarquable précision, d’autre part, son caractère hermétique –les hellénistes sont une minorité- lui confère un je-ne-sais-quoi de suprématie intellectuelle sur le vulgus pecum qui fait bicher ceux qui en usent. Les savants ont pour le grec les tendresses d’un Diafoirus pour le latin.

Les botanistes, notamment, y ont trouvé d’inespérées ressources. Qu’on songe à l’orchidée, nommée, non sans humour, d’après la forme de sa racine, orchis.[6]

En littérature, le grec permet bien des fantaisies, du cynocéphale de Jarry au xylostome d’Allais, de l’ostréïpyge au lycantrophe, la liste est longue des trouvailles et néologismes absents des dictionnaires, comme l’insupportable alburostre ou le savoureux orchiclaste[7].



[1] A partir de la Renaissance.

[2] Hallali, qui viendrait du cri militaire des Grecs (je rappelle que tout bon français, en en situation de belligérance, se doit au Montjoie Saint Denis), bouteille, de bouttes ; coin, de gonia ; idiot, d’itdiotes, moustache de mustax, ou obélisque, d’obéliokos, qui signifie brochette. (Lequel ne vient pas du Dictionnaire Philosophique ?)

[3] Encore un caprice de gueuse.

[4] Guide des chemins, ancêtre du fameux Guide du routard.

[5] La ville, longtemps en proie aux attaques des Ligures, avait trouvé son salut dans la protection des Romains.

[6] En grec, testicule.

[7] Dans l’ordre, gueule de bois, fesse d’huître, loup garou, blanc bec, casse couilles.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les G
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 10 2007 12:25

 

Grenouille : La grenouille (ou genre Rana) est un représentant des vertébrés tétrapodes[1][2]. adaptée à un mode de vie semi-aquatique, qui ne doit pas être confondu avec le crapaud

L’éminent rédacteur de cette définition aura réussi à allier, dans une même phrase et par le biais d’une simple coquille, amphibien et amphibologie. Saluons son talent, et poursuivons.

La grenouille, donc, n’est pas toujours le batracien débonnaire qu’elle veut nous faire accroire. Bien sûr, on ne rencontre sous nos bienveillantes latitudes que d’inoffensives rainettes qui se laissent aisément capturer, pour le plus grand bonheur des enfants, petits et grands, qui pourront ensuite organiser toutes sortes de jeux impliquant les bestioles, du tir de précision[3] à la dissection, sans oublier le concours de gobage de mouches, qui pourra être le prétexte à un exposé de « Sciences et Vie de la Terre » - c’est paraît-il le terme idoine, dans l’Education Nationale, pour Biologie.

Toute mère, en nos temps de compétitivité, se doit de mettre à profit le temps de jeu de ses enfants pour parfaire leur instruction  en révélant à leurs yeux ébahis les mystères de la nature, et ce dans un langage qui leur soit accessible. Ainsi, au lieu de leur assener de but en blanc, que la toxicité des Dendrobates est exogène, on situera pour les bambins la sphère géographique de l’Amérique du Sud, avant de leur expliquer que certaines grenouilles des basses plaines du Costa Rica, joliment colorées de bleus, jaunes ou verts rayés de noir sont poison parce qu’elles se nourrissent d’insectes eux même toxiques, accroissant, par quelque tour hormonal de leur manière, la nocivité de l’alcaloïde par elles précédemment absorbé jusqu’à le rendre mortel par simple contact.

A ce stade de l’exposé, bien souvent, les enfants sont partis vaquer à d’autres occupations, et toute infortunée mère de famille ayant déjà vécu cette triste expérience de causer biologie à un panier de grenouilles sait qu’elle ne pourra pas non plus compter sur sa progéniture pour se mettre en quête d’ail des ours afin de relever la fricassée du soir.



[1] Quadrupède grec. Notez que ça fait tout de suite plus snob de se dire tétrapode que quadrupède, mais qu'à tous les coups vous passez pour un freak. 

[2] Quand on leur dit, aux scientifiques, que les accords de participes passés ne sont pas facultatifs, mais essentiels à une saine compréhension du propos, v’la ben la preuve !

[3] Répartissez équitablement les grenouilles entre les joueurs, déterminez un rocher cible dans le cours d’eau voisin. Les joueurs marquent un point chaque fois que leur grenouille heurte le rocher. Evidemment, on peut aussi jouer en lançant des pommes de pins ou des cailloux, mais c’est beaucoup moins drôle.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les G
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 10 2007 12:13

Toast : n’est pas un mot anglais, mais encore l’un de ces vocables que les Outremanchois nous ont honteusement piqués. Le toste était, il y a déjà fort longtemps, un croûton de pain qu’on trempait dans le vin. Ce qui exclut toute vraisemblance à des supputations d’origine saxonne. D’abord parce que les Anglais n’ont jamais été fichus de pétrir le pain correctement, et ensuite parce que c’est des glaçons qu’ils trempent dans le Bordeaux. Alors qu’on ne me fasse pas rire, comme l’inconséquent qui m’a cité ce mot là comme illustration de l’invasion de l’anglais dans notre belle langue. Invasion my ass, and God bless the Frogs. Ils ne font que nous restituer, avec une légère modification orthographique destinée à égarer les moins perspicaces, ce qui nous est dû à nous chauvins Césars de la plus belle des langues après l’Espagnol, qui rappelons tout de même que la moitié du vocabulaire de l’Anglais est empruntée au Français, et que l’autre moitié a été piquée aux Allemands. Non mais.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les T
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 10 2007 16:52

Passer : Qu’est-ce que passer ? demandait Sartre[1]. C’est à la fois être en un lieu et n’y être pas, répondait-il tout de go, démontrant par là son peu de goût pour le suspense.

Nous pourrions cependant lui rétorquer[2], comme Cyrano, c’est un peu court, jeune homme, et y’a bien plus à dire d’un verbe transitoire. Evoquons, par exemple, la très populaire expression passer du coq à l’âne, qu’on considère à tort comme une figure de style, ce qui pousse nos chiards à l’orthographier le plus souvent sous la forme de passer du coca l’âne, en demandant ça veut dire quoi.

Dans sa fonction première, et la seule cohérente, cette locution n’a d’autre vocation que de qualifier un récit relatif tout ensemble aux gallinacés rupicoles de long temps acclimatés dans nos fermes, et à la gent asine, comme nous l’allons illustrer tout de suite.

 

Des mœurs communes aux coqs et aux ânes.

 

Tout un chacun connaît l’intensité sonore à laquelle peuvent atteindre ces espèces pourtant fort divergentes de conformation. Domestiquées toutes deux par l’homme dans le but avéré d’accroître son confort, celui-ci se trouva fort marri de constater qu’elles nuisaient chroniquement à la quiétude de ses heures de repos, et s’employa très tôt à trouver des moyens d’imposer, de la basse-cour à l’étable, un silence de bon aloi entre vingt heures et huit heures du matin.

C’est ainsi qu’en Afrique, en 1845, les soldats de la cohorte du général Cavaignac, « attachaient à l’une des pattes du coq une ficelle lâche qui lui permettait de parcourir l’espace restreint de la tente et passait au dessus de la traverse supérieure pour venir reposer à côté de la main du dormeur. Dès que le pauvre animal commençait son cri guttural, le dormeur tirait brusquement sur la ficelle, et le coq se retrouvait subitement pendu par la patte. On le remettait à terre, et on recommençait. Après trois ou quatre envolées, le coq ne chantait plus. On le voyait quelquefois, alors même qu’il était débarrassé de la terrible ficelle, redresser la tête, gonfler son gosier, pousser une première syllabe, co et s’arrêter subitement à l’idée de la catastrophe qu’il redoutait ».

Passons maintenant de l’Afrique à l’Asie, et du moyen de faire taire un coq à celui de faire taire un âne.

Le Père Huc[3] raconte, dans Souvenirs d’un Voyage dans la Tartarie et le Thibet, comment on empêchait en Chine les ânes de braire la nuit. Chacun sait bien que l’âne, pour braire, commence par lever sa queue, et la tient horizontalement tout le temps que dure sa chanson. Il ne suffisait donc, lui expliquait un catéchiste chinois, pour condamner un âne au silence, que de lui attacher une pierre à la queue pour l’empêcher de la lever.

Je propose que, dans le souci de lier les apprentissages, nous laissions à nos enfants le soin de s’assurer in vivo, pendant leurs vacances à la ferme, de l’efficacité des ancestrales méthodes que ces anecdotes, qui passent pour authentiques, donnent pour souveraines. Cela leur permettra, au moins, de conférer quelque palpable substance au verbe passer, leurs vacances au cul des vaches, par exemple, ce qui démontre bien que Sartre avait la vue courte, et qu’un lieu soit qu’on y est, soit qu’on y est pas, qu’est-ce que c’est ces philosophies à la con ?

 



[1] Etre et Néant.

[2] Rétorquer ?  A Sartre ?

[3] Je jure que j’y suis pour rien. Vous pouvez vérifier, c’est le premier Français à être passé par Lhassa.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les P
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 10 2007 10:01

Savoyard : On a souvent du Savoyard cette image d’Epinal encore aujourd’hui perpétuée dans les échoppes à touristes d’un gamin aux joues rouges entortillé de chiffons noirs, une marmotte sur l’épaule et une échelle au dos, parcourant les chemins pour s’en aller ramoner ici et là les cheminées de France. Or, si les savoyards, longtemps, ont été contraints à l’exil pour survivre, ce n’est pas au métier de ramoneur qu’on les a vus le plus fréquemment s’employer, mais à celui, encore plus subalterne, de décrotteur.

Le premier à avoir fait mention de cette corporation semble être Thomas l’Affichard, qui écrivait en 1750 dans Le voyage de Monsieur de Cléville « Ce fut un docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, nommé Le Boux, qui mit le décrotteur en usage, et avant ce temps là, on se faisoit suivre par un domestique qui décrottoit son maître à la porte des personnes à qui il alloit rendre visite. Ce médecin vivoit encore en 1720 et demeuroit dans une maison à lui, rue Jean Pain Mollet. »

Fournier, dans le tome II de son Histoire du Pont Neuf, corrobore l’information donnée par l’Affichard sur l’origine des décrotteurs en ces termes « « Les premiers, on ne sait pas au juste à quelle époque, mais sûrement avant 1695, étaient venus, conseillés et subventionnés par un médecin de la rue Jean-Pain-Mollet, (…) en arborant bravement, pour leur infime métier, la devise A la royale, dont les plus riches se faisaient alors une enseigne.»

On le sait, les rues parisiennes, jusqu’à l’avènement d’Haussmann, sont dépourvues de trottoirs ainsi que d’entretien, et à la boue se mêlent nombre d’immondices porteurs de miasmes en tous genres. Les décrotteurs savoyards vont rapidement se répandre dans toute la cité, nettoyant d’un mélange d’huile et de suie[1] les souliers des passants sur le seuil des maisons. Leurs services, quelle que soit la fluctuation des monnaies, se paient à deux liards, nous dit Louis Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris, et ne se limitent pas à nettoyer les souliers des passants, mais également à garantir la sécurité publique. Qu’on aie besoin, dans un théâtre, de s’assurer de la solidité des gradins, et l’on enverra tous les décrotteurs savoyards taper du pied ensemble sur les bancs pour tester leur résistance avant d’y placer le beau monde[2]. A partir de la révolution, la profession va prendre un nouvel essor, les décrotteurs ayant eu l’idée de jeter en travers des rues, les jours de pluie, des planches sur lesquelles il invitera, par son célèbre cri Payez Passez, le bourgeois qui a les moyens à traverser sans voir ses bas souillés.

C’est à cette époque également que les gueux savoyards, aspirant à la reconnaissance publique, vont commencer à se nommer artistes décrotteurs avant de disparaître, l’usage des trottoirs entraînant l’obsolescence de leur industie. Leur corporation, cédant au progrès, va s’éteindre, les renvoyant  aux vicissitudes de leur Etat naturel, et ne sera remplacée que bien plus tard, quand la pollution canine imposera aux services parisiens de voirie l’emploi de motocrottes, par celle de ressortissants Comoriens cette fois, délégués au ramassage des seize tonnes de merde puante que des dégueulasses sèment quotidiennement sous les baskets d’honnêtes cynophobes.

On reviendra, dans cet ouvrage, sur le destin des savoyards, afin de démontrer que malgré la suffisance et les revendications d’indépendance qu’affichent de nos jours ces paysans mal dégrossis transformés en Directeurs de PMI experts en Théories de la Mondialisation, ils restent prisonniers, irrémédiablement, de leurs vallées étroites et de leurs tares de peks[3].

 

 Tableau : Aquatinte de Philibert Louis Debucourt, 1818



[1] Ils répugnent, nous dit Fournier, à user de cire angloise, à cause de l’épithète, mais leur mélange, s’il a l’avantage du patriotisme, présente aussi l’inconvénient de tacher irrémédiablement les jupons des dames.

[2] Il est regrettable, sans doute, qu’on n’aie pas songé à cet antique moyen dans la ville de Furiani. Les gradins du stade eussent-ils cédé sous le poids d’un millier de savoyards contemporains qu’une catastrophe civile eût pu prendre des airs de salutaire épuration.

[3] Abréviation de péquenot, fort usitée dans les cours de récréation de la région dans la locution tronche de pek qui désigne un rustre à figure disgracieuse.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les S
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:51

Juron : Le juron, le gros mot prohibés, sont pourtant créatifs, plaisants, libérateurs.

Ceux de notre bon sire Henri le Quatrième sont restés parmi les plus célèbres. Sermonné un jour par son confesseur, le Père Coton, pour s’adonner avec trop de vigueur au Jarnidieu (contraction de Je renie Dieu), le vert galant décidé à ne pas blasphémer plus outre changea son Jarnidieu en facétieux Jarnicoton.

Si le palsambleu ne fait plus dans le langage courant que de rares incursions, le jarnicoton, lui, s’est adapté pour survivre sous la forme très populaire de « j’arnik ta mère ».

Par Marie Rennard - Publié dans : Les J
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:47

Joshua tree : Littéralement, arbre de Joshua. Il n’existe pas de traduction en français à ce nom d’arbre. Ce serait parfaitement inutile, dans la mesure où il ne pousse que dans le désert Mojave de Californie et d’Arizona. Il fut ainsi baptisé par une tribu de Mormons égarés dans le désert en quête d’une Terre Promise[1]. La forme particulière de l’arbre le leur fit prendre, sous l’effet de l’Aqua Vitae dont ils s’abreuvaient, faute d’eau, dans ces contrées arides, pour le prophète lui-même gesticulant une invitation à la halte et à leur intention. Ils tombèrent à genoux, et décidèrent de fonder là leur colonie. C’est le lendemain de ce jour que, par contrition, les Mormons s’astreignirent à la tempérance.

Les facéties du Joshua tree pourtant ne s’arrêtent pas là. Incomparablement photogénique dans les icecrémisques soleils couchants de l’ouest légendaire où y’a des cow-boys, et encore quelques indiens en réserve, il essaime et survit, inutile et gracieux, grâce aux services que lui consent un papillon de nuit créé exprès pour lui – ou était-ce le contraire ? – qui niche au sein de ses fleurs et en transporte le pollen. Ses larves, à l’éclosion, se nourrissent à leur tour des graines de ce particulier ficus, perpétuant en duo, depuis la nuit des temps, leur interdépendance et leur superfluité.

En hommage à ce pied de nez de l’organisation particulière à la générale, aux mormons et à la gnôle, le Dictionnaire Arbitraire vous offre sa toute première illustration, en quadrichromie et technicolor, du plus bonnard des arbres.

[1], il désigne, non pas une petite tête, mais celui qui use d’un entonnoir comme couvre-chef.

A titre d’entraînement, l’on peut essayer de retrouver par l’étymologie le sens des termes suivants : curtipède, décadactyle ou bordéliforme, qui sont aisés, ou infundibuliforme, moins aisé mais plus drôle[2]. On aura soin de bien observer l’orthographe du mot, la moindre variation pouvant induire un changement notable de sens. Rajoutez un H à l’éthymologie, et vous vous noierez dans une éthernité de supputations hasardeuses…

 



[1] C’est en vérité l’une des pièces de la tête des hexapodes.

[2] Dans l’ordre, qui a les pieds courts, qui a dix doigts, qui est bordélique, et enfin, qui a la forme d’un entonnoir. Lautréamont, dans les chants de Maldoror évoque « l’anus infundibuliforme » de la gent homosexuelle.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les E
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:37

Doryphore : Le doryphore est un coléoptère friand de patates. Hormis le savoyard, nul n’est plus friand de patates que le doryphore. C’est pourquoi cet être fruste et taciturne – je parle du savoyard bien sûr, le doryphore étant lui d’un naturel gai et insoucieux – livre au coléoptère une guerre sans merci. Le doryphore s’en fout, et continue d’arborer ses élégantes rayures et sa trogne rougie dans le jardin du savoyard (prononcer saoayard pour faire local), qui jure dans ses chicots la perte de la bête, et nomme dans son ire du même nom affreux le seul autre parasite dont il ait à souffrir, lui aussi saisonnier, coloré, insoucieux, et dévoreur de bonnes patates, l’abominé touriste.

 

Par Marie Rennard - Publié dans : Les D
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:36

Dévotion : Nombre de saints hommes ont écrit sur la dévotion, à l’intention des femmes le plus souvent.

Etrange paradoxe de l’église qui consiste à considérer la femme comme créature impure, source de toute vilenie, inapte aux exercices de l’esprit, et à écrire dans le même temps des ouvrages tendant à lui édifier l’âme et le coeur.

« Un homme qui se dit dévot » écrivait Voltaire, «  ressemble à un roturier qui se dit marquis; il s’arroge une qualité qu’il n’a pas. Il croit valoir mieux que son prochain. On pardonne cette sottise à des femmes; leur faiblesse et leur frivolité les rendent excusables; les pauvres créatures passent d’un amant à un directeur avec bonne foi; »

Un dictionnaire, pour être philosophique, n’est pas forcément exempt de primaires imbécillités[1].

 Saint François de Sales[2] a dédié son « Introduction à la vie dévote » à Madame de Charmoisy, et le seizième siècle a vu fleurir, avec le concile de Trente, un mouvement de théorisation de la dévotion au sein d’une église catholique encore soucieuse d’éviter le schisme protestant en se remettant en question tant dans son enseignement que dans ses pratiques.

Si l’on suit les préceptes de François de Sales, la dévotion est, bien plus que la simple manifestation extérieure du culte, une véritable occupation à plein temps. Les devoirs à remplir sont nombreux, l’engagement total. Entre la méditation matinale et la séance de lecture des évangiles, la confession et l’introspection, il ne reste plus guère de temps pour pécher ou s’adonner à la charité, à laquelle il faut de surcroît être prompte, en se montrant, pas trop ostensiblement si possible, douce et humble de coeur.

Voilà pour l’aspect strictement religieux.

Mais rapidement la dévotion, les dévots plutôt, vont entrer en politique (ou y ont-ils toujours été) et, pour satisfaire leurs ambitions, peu à peu battre en brèche la paix religieuse, jusqu’à la révocation, en 1685, de l’Edit de Nantes.

Les théoriciens de la dévotion, pourtant, avaient dans leurs ouvrages mis en garde leurs ouailles contre les faux dévots.

Louis-Marie Grignon de Monfort écrivit au début du 18ème siècle, (un peu tard il est vrai pour être de quelque secours à Louis XIV), dans son « Traité de Vraie Dévotion à la Sainte Vierge », qu’il faut répertorier sept sortes de faux dévots : les critiques, les scrupuleux, les extérieurs, les présomptueux, les inconstants, et les hypocrites, auxquels le populaire à donné le nom de cagots.

Molière, dans son Tartuffe, s’était déjà livré à cette énonciation en dotant son dévot de l’ensemble, ou presque, de ces qualités[3].

La dévotion, de nos jours, ne fait plus recette. Il faut peut-être en chercher la raison dans le fait que le public visé par les ouvrages édifiants a préféré se tourner vers la télévision qui a su analyser, mieux que les ecclésiastiques, les meurs et ambitions de la ménagère de moins de cinquante ans, reléguant dans l’oubli François de Sales et Grignon de Monfort, et confirmant la fine analyse voltairienne de la psychologie féminine.

 



[1] Les pauvres créatures, Monsieur Voltaire, simulent la bonne foi, et tant d’autres choses.

[2] Cofondateur, avec l’annecien  Claude Favre de l’académie Florimontane, il sera également à l’origine de la création de l’Académie Française, et de l’ordre religieux des visitandines. Le fils de Claude Favre, plus connu sous le nom de Vaugelas, et célèbre grammairien, sera membre de l’Académie Française dès sa création en 1635.

[3] La reine mère, indignée par la pièce, demanda son interdiction pure et simple au roi, qui n’interdit que les représentations publiques. Les représentations privées constituaient à l’époque la majeure partie du public (pouf pouf) et Louis XIV ne fit preuve d’intolérance religieuse active que dans la dernière partie de son règne.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les D
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:34

Démoniaque : « les vaporeux, les épileptiques, les femmes travaillées de l’utérus, passèrent toujours pour être les victimes des esprits malins…Quand les symptômes étaient fort compliqués, c’est qu’on avait plusieurs démons dans le corps, un démon de fureur, un de luxure, un de contradiction, un de roideur, un d’éblouissement, un de surdité ; et l’exorciseur avait à coup sur un démon d’absurdité, joint à un de friponnerie »

Hé bien oui, c’est encore Voltaire qui parle, de Dieu, du Diable et de l’église. Un petit calcul statistique aussi savamment qu’approximativement établi par nos soins démontre qu’un tiers environ des pages du dictionnaire philosophique sont consacrées à Dieu, au Diable, et au clergé. Mais ne nous égarons point. Le démoniaque est possédé, c'est-à-dire qu’il ne s’appartient plus, il appartient corps et âme au démon qui l’habite –  et donc l’église procède à tout un tas de simagrées pour tenter de recouvrer, par l’intimidation, un territoire qu’elle aussi convoite. Il existe plusieurs sortes de démons. Des pour sexe faible, les démons incubes[1], et des pour sexe fort, les démons succube[2]. Vous l’aurez compris, ceux là ne songent qu’à paillarder pour planter leurs corniauds, ce qui les rend somme toute plus sympathiques que nombre de jésuites. Encore qu’avec les jésuites, il vaut mieux se méfier, y’en a des bien.

 



[1] De inc cubare « coucher sur ».

[2] De sub cubare « coucher sous ».

Par Marie Rennard - Publié dans : Les D
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