Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:33

Circonjacent : Apporte une salutaire précision à adjacent, qui est de nos jours beaucoup plus utilisé. Pourtant, l’adjacent n’est pas forcément circonjacent,  alors que le contraire est vrai. Un département peut être adjacent au vôtre, mais l’ensemble des départements adjacents est lui circonjacent, c'est-à-dire qu’il fait le tour en touchant les bords. C’est un adjectif qu’on a malheureusement trop tendance à négliger dans le registre usuel.

 

 

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Mardi 9 octobre 2007 2 09 10 2007 08:29

Coprophage : Le terme appartient au lexique biologique et désigne les animaux, le plus souvent des insectes qui se nourrissent d’excréments. Les mômes, dans les cours de récréation, le réinventent souvent sous la forme plus ludique et directement explicite de « cacavore ».

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 10:00

Chauve-souris : C’est le seul mammifère qui vole, comme l’ornithorynque est le seul mammifère qui ponde des œufs[1]. On écrit au pluriel « des chauves-souris », « des ornithorynques ».

Etonnant, non ?

Si je ne cite pas l’auteur du « Etonnant, non ? » c’est d’une part qu’il est connu de tout francophone respectable, et d’autre part, qu’il est, de fait, tombé[2] dans le domaine public.

Merci Monsieur Desproges.



[1] Ben non, y’a aussi l’Échidné.

[2] Hélas, irrévocablement !

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:57

 

Chat : On se souvient de Schrödinger, qui se livra sur son chat à des expériences que la morale réprouve et à seule fin d’illustrer les improbables hypothèses de ses quantiques théories. Il enferma, rappelons le, dans la même boite, un chat et une fiole de poison dont la fortuite inhalation aurait sur le métabolisme du félin d’irréparables effets. Il s’employa ensuite benoîtement à démontrer à ses confrères que du temps qu’il leur causait, une quelconque particule pourrait bien venir frapper le verre du flacon assez fort pour le briser, libérant le poison et trucidant le chat, et qu’il était donc impossible de savoir si - à l’heure où il finirait ses démonstrations mathématiques, le chat serait encore en état d’opiner.

Disons le tout net, il existe mille moyens bien plus simples pour se débarrasser d’un chat à coup sûr, et y’a vraiment des gens qu’on paye à ne rien foutre.

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:56

Chaparder : Signifie marauder, s’approprier en douce quelque chose qui ne nous appartient pas, et vient possiblement de chat -pard, nom vulgaire d’un serval africain (de chat et du latin pardus, léopard) qui selon les zouaves rôdaient autour des camps pour voler de la nourriture. Le TLF mentionne cette possible origine, mais en précisant « qu’elle n’emporte pas la conviction ».

 

C’est pourtant la seule disponible, et qui fasse preuve de suffisamment de logique pour emporter la nôtre, indubitablement bien moins autorisée.

Notre conviction se fonde, non pas sur l’arbitraire, mais sur la constatation que l’un des synonymes de chaparder est « chouraver », qui vient de « piquer des choux-raves »[1].  

A noter que si le nom de chapardage est le plus employé, chapardise et chaparderie sont également légitimes, même s’ils sont plus rares.



[1]CQFD.  Alfred Jarry prétendait que « lorsque les mots jouent ensemble, c’est qu’ils reconnaissent leur cousinage ». (La chandelle verte, Pléiade)

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:53

Cochon : Inséparable de l’homme, le cochon cohabite avec lui depuis les temps immémoriaux, que ce soit dans les cours de nos fermes, dans nos assiettes ou dans notre littérature.

Nous pourrions évoquer ici « les trois petits cochons », qui constitue l’exemple le plus notoire de leur utilisation dans les contes. Nous avons cependant préféré vous livrer le court extrait qui suit, bien moins connu, et désespérément absent des manuels scolaires, dans lesquels nos enfants seraient pourtant ravis de le découvrir.

La merde et le cochon.

 Au soleil, sous un mur, une merde fumait
Et parfumait
Les airs et le gazon à cent pas à la ronde.
C’était bien, s’il faut croire aux récits des passants,
La plus belle merde du monde.
A ses pures vapeurs mariant leurs encens,
Vingt étrons soupiraient pour ses appâts naissants.
Mais un cochon survient, la flaire, la regarde,
Et l’avale sans sel, sans poivre et sans moutarde.
Comme une merde, hélas, chacun passe à son tour,
Le temps est un cochon qui détruit sans retour
La beauté, la gloire et l’amour.

C'est de Lachambaudie, qu'était même pas à l'Académie.

 

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:52

Cénotaphe : Vient du grec, kénos, vide, et taphos, tombeau.  

Rapportons cette étymologie au mot « cénobite », issu du grec lui aussi : qu’obtenons nous ?

Une erreur. Et même une erreur consternante. Le cénobite[1], les cénobites, devrions nous dire, sont des moines qui vivent en communauté, contrairement aux anachorètes qui préfèrent la solitude, comme l’indique leur étymologie, grecque encore une fois.  Mais après tout, on s’en fout, Graecum est, non legitur[2].

Notons cependant que cénotaphe se prête moins bien au calembour que cénobite. Un groupuscule de gens de lettres du 19ème siècle l’avait bien compris, qui rassemblait quelques messieurs dans une maison de campagne aux alentours de Paris durant les fins de semaines, et s’était baptisé, allusion délicate à l’interdiction de toute présence féminine durant leurs rendez-vous, Les Cénobites Tranquilles.



[1] De koinos, commun, et bios, vie.

[2] C’est du grec, ça ne se lit pas…

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:48

Carminatif : Adjectif le plus souvent employé en pharmacie, il signifie « qui facilite l’expulsion des gaz », intestinaux le plus souvent, ce qui explique qu’il puisse qualifier indifféremment un clystère ou des haricots blancs. Le TLF signale en outre qu’il peut s’employer en référence au bruit des gaz expulsés, et donne l’exemple du « basson carminatif » dans une citation de Willy[1]

Les bassonistes apprécieront.

 



[1] Journaliste, critique musical et premier époux de l’écrivain Colette, connu à l’état civil sous le nom de Gauthier-Villars.

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:46

Canicule : préoccupation première des gouvernements avisés dès la fin du printemps, la canicule est devenue un sujet brûlant en  2003, mobilisant les ministres en vacances pour lui trouver des solutions.

L’incurie des mesures d’urgence prises cet été là vient de ce qu’on a cherché à la canicule une solution politique, alors que le remède au mal se trouve dans l’étymologie ainsi que dans l’histoire ancienne.

La canicule est le nom que porte l’étoile Sirius dans la constellation du grand Chien, ainsi que l’époque (du 22 juillet au 23 août) où Sirius se lève et se couche avec le soleil. Le temps caniculaire est donc l’époque la plus chaude de l’année, et les anciens lui attribuaient des influences néfastes, au cours de laquelle les médecins sont impuissants et la nature seule décideuse. Pour conjurer les malheurs qui ne manqueraient pas, au cours de cette période, d’accabler les hommes, les romains sacrifiaient un chien dont raffolait la constellation éponyme.

On gagne souvent à employer des remèdes de romains, et un dicton prudent affirme que ce qui ne fait pas de bien ne peut faire de mal.

Certes, les estimés membres de la SPA pourraient s’insurger. Mais ils constitueraient une minorité politique négligeable face à l’immense majorité qui réprouve les moyens de coercition sociale à l’efficacité discutée dont use notre époque moderne et sarkozatoire. L’argument ne mérite-t-il pas d’être considéré ?

Au cas hypothétique ou cet antique remède serait remis au goût du jour, il conviendra cependant de noter que, par suite du mouvement de précession, le soleil se trouve maintenant entre le 22 juillet et le 23 août (soit, rappelons le, durant la période de canicule) dans la constellation du Lion, et non plus dans celle du grand Chien. D’où il pourrait logiquement s’ensuivre qu’un sacrifice canin soit devenu inadéquat, et que seule la mise à mort judicieusement orchestrée d’un lion puisse dorénavant sauver la vie des vieux quand il fait chaud.

 

 

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:45

Callipyge : Qui a de jolies fesses !

Le mot nous vient du grec – on ne sourit pas dans le fond - et qualifie le plus souvent les rondeurs sculptées des Vénus. Largement méconnu, il fut pourtant repris par Monsieur Brassens dans sa « Vénus Callipyge » :

 

*     Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant
N'enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

Et l’air de rien, d’autant plus difficile à chanter sans bafouiller qu’on a le zygomatique dangereusement sollicité dans le sens opposé à celui que requiert une saine élocution.

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:39

 

Calepin : Qu’est-ce donc qu’un calepin ? Dans le cas précis de cet article, un simple prétexte,

la réponse à cette question étant universellement connue ; et nous n’apprendrons rien à personne en livrant, une fois de plus, la parfaite définition du TLF « carnet de poche sur lequel on inscrit des renseignements divers, des notes, des réflexions… en vue d’un usage personnel »

D’où vient le mot était la question immédiatement subséquente. Nous étions loin de nous douter que la réponse à cette bête question allait nous entraîner dans les abîmes de l’histoire des dictionnaires que nous nous proposons de vous conter sans délai, mais en plusieurs épisodes, de peur de lasser le lecteur.

Calepin, à l’instar de poubelle, et de bien d’autres, vient d’un nom propre, celui de l’italien Ambrogio Calepino[1], éminent érudit qui rédigea l’un des premiers et fort conséquents dictionnaires. L’ouvrage, trilingue au départ, proposait dans ses dernières rééditions la traduction de termes latins dans plus de dix langues mises en parallèle.

Outre que sa consultation ne devait guère être aisée, on se doute que son poids devait sembler fort lourd aux épaules des valets des nobles voyageurs de la renaissance[2], ce qui explique peut-être que par quelque ironie dont les mots sont coutumiers, le calepin désigne aujourd’hui un cahier de vingt grammes tout au plus…

Comment sont nés les dictionnaires ? Et quand ?

L’ouvrage de Calepino fait partie des toutes premières tentatives abouties de listage des mots, rendues nécessaires par le goût des voyages qui imprégna le siècle de la renaissance.

Avant lui pourtant, et dès le huitième siècle, on avait entrepris de réunir dans un même ouvrage, à des fins pédagogiques, les gloses dont les maîtres de l’époque avaient coutume d’annoter les textes difficiles pour fournir à leurs élèves des équivalents aux termes ardus en latin courant ou en langue romane. Le glossaire de Reichenau – du nom de l’abbaye où il fut découvert -  recensait celles qui annotaient les textes de la bible, préfigurant une nouvelle forme de publication dont l’objet serait l’étude et la définition des mots.

Jusqu’à la publication de l’Edit de Villiers Cotterêts, en 1539, le latin est en France la langue officielle. François 1er va exiger, arguant une fois de plus de son bon plaisir[3], que l’on use désormais du français, condamnant ainsi le latin et les langues d’oc à une lente et progressive[4] disparition, dans les publications littéraires tout d’abord, puis scientifiques.

Sous l’impulsion de la Pléïade, et notamment de Du Bellay[5], les érudits vont s’appliquer à imposer à tous la langue de Molière.[6]

Le premier dictionnaire unilingue, véritablement dédié à la définition des mots, et non plus à leur simple traduction du latin vers le français, sera celui de Jean Nicot,[7] le Thresor de la Langue Française, publié pour la première fois en 1606,  qui ouvre la voie à la cohorte de ceux qui le suivront dans l’étude de la langue, et qui n’apporteront que d’infimes variations à la structure de son dictionnaire. On y trouve déjà les étymologies, les définitions, les exemples d’auteurs[8], les caractéristiques techniques de certains termes liés à des domaines aussi variés que l’agriculture ou la biologie, la musique ou le droit, la navigation, la chasse ou les mathématiques.

La qualité du travail et l’étendue des sources de Nicot sont confondantes. Outre les textes bibliques (en latin, grec hébreu  et français), il offre des références aussi diverses que Tite Live, Plaute, Cicéron ou Virgile, pour ne citer que les plus connus, mais également d’autres en espagnol, portugais ou italien parmi ses prédécesseurs ou ses contemporains.

L’œuvre de Nicot, bien que largement oubliée aujourd’hui par le grand public, plantera solidement les fondations des dictionnaires modernes, à tel point que les géniaux concepteurs du TLF moderne[9] reprendront à leur compte, cinq siècles plus tard,  le titre de son ouvrage.

Les enfants de six ou sept ans confrontés pour la première fois à l’usage du dictionnaire souvent s’esbaudissent d’y trouver « des gros mots », et parfont leur apprentissage en y cherchant, pour le plaisir, les termes dont on leur défend le plus souvent d’user, en commençant en général par « merde ».

Nous nous sommes amusés à rechercher dans le TLF de Nicot l’équivalent d’époque et vous en livrons la définition, qui n’a pas pris une ride.

 

Bren[10], m. Est merde, qu’on dit fiente, mais le premier est usité pour l’excrément humain, Merda, humanum excrementum, car fiente est général, comme Stercus l’est aussi envers les latins[11].

 

Le 16ème  siècle verra l’explosion de ce nouveau genre littéraire. Entre 1539 et 1599, on publiera en Europe[12] pas moins de cent trente huit dictionnaires, généraux, techniques, de rimes ou de synonymes… préfigurant le mouvement de codification et de régulation de la langue qui marquera le 17ème, et dont nous vous parlerons bientôt, dans l’article « dictionnaire » à la lettre D, et très probablement aussi dans l’article « grammaire et grammairiens » à la lettre G.

 

Cet article doit beaucoup aux informations disponibles sur le site http://www.dictionnaires.culture.fr/page2.html



[1] 1435-1511

[2] Les roturiers, à l’époque comme aujourd’hui, limitaient leurs vagabondages estivaux aux horizons de Berk Plage.

[3] C’est ainsi qu’il avait coutume de clore ses désiterata « car tel est notre bon plaisir »

[4] Très lente et très progressive.

[5] Auteur de « défense et illustration de la langue française »

[6] C’est une pure forme de rhétorique, évidemment, Molière resterait dans les choux jusqu’en 1622.

[7] Celui là même de l’herbe à Nicot, si décriée de nos jours.

[8] Nicot omet cependant quelquefois de citer ses sources. Dès ce moment se pose la question de la propriété intellectuelle des définitions. Quand il emprunte, notamment à Robert Estienne à l’ouvrage duquel il a contribué, ou à d’autres, un certain nombre de passages, il note alii scribunt, « d’aucuns écrivent ».

[9] Paul Imbs et Bernard Quemada.

[10] La dernière mention du terme remonte, pensons nous, à Jacques Brel, dans « Amsterdam ». A noter que l’on trouve également dans cet ouvrage la définition suivante à l’entrée « Merde » :

Merde, Merda, Excrementa, Aluus, Reliquiae cibi, quas natura respuit/Merde de fer, Scoria ferri.

[11] Mon cher époux, Docteur en tout un tas de savantes sciences, met inconsidérément en doute la clarté de la définition. Je vous invite à protester énergiquement à l’adresse suivante : http://www.rennard.org/

[12] Essentiellement à Paris, mais également à Anvers, Cologne, Gand, Zurich ou Londres.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les C
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:38

Calembour : Quel nom citer, autre que celui de Bièvre, pour illustrer le noble art du calembour ?

Véritable enragé, le Marquis de Bièvre écrivit des pièces où un vers sur trois au moins n’était que prétexte à l’exercice. Il va, en popularisant le calembour, diviser ses contemporains, dont beaucoup déplorent l’adoption dans les salons. Bièvre, avant d’émigrer pour fuir la révolution, rédigera en 1777[1], à la demande de D’Alembert, l’article Kalembour pour le supplément de l’Encyclopédie.

 De tout temps, le calembour a eu ses adeptes et ses détracteurs.

« Fiente de l’esprit qui vole », dira le Très Sérieux Hugo, pas forcément conscient de se livrer par là  à l’exercice non moins répréhensible du contrepet.

Soit, lui répondra Vian, dans son Autodéfense du calembour, « Mais je tombe de haut tandis que vous rampez. ».

Dans les deux camps, on trouve de grands noms, ainsi, Nodier, qu’on ne peut accuser de rigidité intellectuelle, donne comme définition de calembourg[2], « Mot nouveau qu’il faudrait bien se garder d’admettre dans la langue si le mauvais genre d’esprit qu’il désigne pouvait s’anéantir avec lui. Monsieur Boiste[3] le fait dériver de calamajo burlare[4] . Ce que tout le monde ne sait pas, c’est qu’avant cette expression, le même jeu de parole était déjà désigné par une autre, on l’appelait le montmaurisme du nom de Montmaur dit Menage, le seul lexicographe qui en ait fait mention.» Il clôt sa définition en citant Rabelais « on devrait attacher une queue de renard au collet et faire un masque de bouse de vache à ceux qui voudraient encore en user[5] en France après la restitution des bonnes lettres ».

Rabelais, qui précursa dans tant de domaines, aurait-il abhorré celui là ? « Le grand Dieu fit les planètes, et nous faisons les plats nets », n’est-ce point de Rabelais ?

Allons, la partisanerie (que le correcteur me suggère d’orthographier partisane rit) aura aveuglé Nodier au point de lui faire perdre toute conscience de ce second degré qu’il pratiqua pourtant avec tant de brio.

De l’étymologie du calembour, on a beaucoup écrit. Le congrès de Cythère tenu à Paris en 1789 attribue son origine au nom de l’apothicaire Calembourg qui exerçait rue Saint Antoine un siècle plus tôt[6], d’autres sources parlent d’un comte allemand du nom de Kalemburg. Certains spécieux font même dériver le mot de l’arabe « kalem », parler, et « bour », abusif.

Qu’importe, finalement, d’où vient le calembour, puisqu’il vient le plus souvent sans qu’honni pense ! Indéniablement jouissif, le calembour est sans bassesse. Il suffit de n’y être point trop prompt et d’éviter, en somme, le calembour hâtif.

N’est-ce pas, Monsieur Greg ?

 



[1] Et malgré le mépris dans lequel le tiennent les philosophes qui lui reprochent d’anéantir d’un mot tout le sérieux de leurs propos.

[2] Examen critique des dictionnaires, 1829

[3] Dictionnaire Universel de la langue Française, 1812, (avec le latin, manuel de grammaire, d’orthographe et de néologie), largement massacré par Nodier qui semble vouer à Boiste le même mépris qu’à Ménage.

[4] Littéralement « plaisanter avec la plume »

[5] Du calembour.

[6] Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10/10/1869

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:37

Calembredaine : Vraisemblablement issu d’une contraction de calembour et bredouiller (nos voisins suisses l’emploient d’ailleurs sous une forme proche de calembourdaine), voire même du bredin de campagne, le mot désigne, le plus souvent au pluriel, d’extravagants propos, d’inconcevables affabulations, en un mot, des sornettes !

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:35

Caddie : On pourrait le croire importé d’Angleterre. Il n’en est rien, et n’est que le fruit d’un détour du mot français « cadet » sur les parcours de golf grand bretons. Le caddie, avant de désigner un chariot, s’employait pour parler du jeune homme (le cadet) qui avait pour tâche de tirer  sur les greens le panier contenant les clubs d’un joueur.

Au même registre des mots adaptés au cours de voyages outre-manche, on trouve le cor anglais, qui loin d’être anglais, vient de notre beau et irremplaçable pays de France.

Le cor anglais, version beaucoup plus longue et plus grave du hautbois, se nommait à l’origine cor anglé à cause de la courbure qu’il avait fallu lui donner pour en rendre accessible les trous.

Les britanniques dénaturèrent le anglé en anglais, et s’attribuèrent allègrement l’invention.

L’imposture est d’autant plus profonde que la contribution des ressortissants britanniques (et consorts) en matière d’instruments de musique se limite à l’insoutenable cornemuse.

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:34

 

Cacochyme : Le terme, à la fois substantif et adjectif, fait partie de ces mots que l’on a entendus au moins une fois, se promettant d’aller en chercher le sens aux pages du dictionnaire, sans passer à l’action. Réparons l’oubli, le cacochyme est de santé fragile, de constitution appauvrie, maladif, souffreteux, pituiteux, cachectique en somme, souvent âgé et parfois grabataire, ce qui ne doit pas arranger son humeur.

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Samedi 6 octobre 2007 6 06 10 2007 09:33

Caca : Les pré-lecteurs ne m’eussent pas pardonné l’omission. Expliquons leur que le terme vient du latin cacare, faire caca, et nous les verrons se tordre d’un rire souvent contagieux.

Ajoutons que ce fut aussi le prénom de la sœur du poète Virgile, et leur hilarité atteindra des sommets sans précédent. Cette période scatologique est selon les individus de durée très variable. Il n’est pas rare que des adolescents de quinze ans présentent encore des crises ponctuelles, et le grand Sénèque lui-même, qu’on leur donne à cet âge en exemple écrivit, à l’âge adulte, dans son apothéose satirique  du divin Claude[1] « uae me, puto, concacaui me.' Quod an fecerit, nescio; omnia certe concacauit. » Ce qui donne en français et approximativement « Aïe! J'ai fait caca sous moi, je crois'. Je ne sais pas s'il l'a fait. Il a, en tout cas, fait caca  sur tout. »



[1] Aussi connue sous le nom d’Apocoloquintose.

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 10 2007 12:10
A mon hypochondriaque préférée…

Médecin : Réputés moins dangereux à notre époque moderne qu’ils l’étaient autrefois, ils ont pour certains, d’Esculape à Petiot[1], laissé leurs noms à la postérité. Tout un chacun connaît Ambroise Paré, chirurgien-barbier des rois Valois, dont aucun ne survécut à ses soins attentifs, malgré la réelle créativité dont sut faire preuve cet homme du peuple, premier parmi ses pairs à s’élever à la noble distinction de médecin sans causer un seul mot de latin[2]. C’est à Ambroise que l’on doit la technique de suture des plaies encore de nos jours employée. On se contentait jusque là de cautériser les blessures au fer rouge, sans réel souci de la survie d’un patient rarement consentant. Ambroise, armé d’une aiguille et de fil, va s’atteler à recoudre vaisseaux et chairs, aidant la cicatrisation par l’application d’un baume dont il a seul le secret, fait de chiots nouveau-nés bouillis dans de l’huile de lys avec des vers de terre et de la térébenthine.

C’est qu’Ambroise, aussi, ne recule pas devant l’expérimentation, et apprend son métier sur le tas plutôt que dans les écrits de Galien, en disséquant à l’Hôtel Dieu autant de cadavres que l’époque peut en fournir. Quand Henri II, traitreusement frappé par l’Anglois Montgomery[3] en tournoi et à la tête par un fragment de lance qui, s’étant introduit sous le heaume dans l’œil gauche, a profondément pénétré le cerveau, Ambroise Paré fera exécuter en urgence quelques condamnés de droit commun afin de pouvoir reproduire sur leur chef la blessure du sien en espérant trouver ainsi quelque remède, avant de clore ses bidouillages d’un catégorique « c’est foutu ».

Avant lui, pourtant, l’histoire a retenu un nom entre tous, celui d’Agnodice, grecque et pourtant brillante, qui malgré l’interdiction faite aux femmes et aux esclaves d’exercer cet apostolat a, avec l’accord de son père, revêtu des braies et coupé ses cheveux pour se lancer dans l’aventure de la gynécologie. A ses patientes, elle révélait son sexe pour gagner leur confiance. Ses succès dans une science encore balbutiante entraînèrent bien sûr la jalousie de ses confrères, qui l’accusèrent de séduire des parturientes qui se livraient à ses soins avec bien moins de retenue qu’à ceux de ses pairs. Elle fut, pour se défendre de l’accusation, contrainte de révéler sa féminité et condamnée à mort. Agnodice n’échappa à l’exécution que grâce au soutient de centaines de femmes qui menacèrent de la suivre au tombeau si l’on appliquait la sentence[4]. Les anciens reculèrent sous la pression, et autorisèrent Agnodice à exercer son art, modifiant même la loi pour permettre aux femmes d’exercer la médecine. Peu d’entre elles, hélas, suivirent son exemple, une seule ayant à ce jour acquis la même notoriété que la téméraire grecque. Nous parlons, bien sûr, de Michaela Quinn, bien plus connue des ménagères de moins de cinquante ans que sa prédecesseuse grecque.

De Vésale à Luc Montagnier, en passant par Rabelais, Pavlov, Guevara, Marat, Locke, Knock, Diafoirus ou Kouchner, les médecins célèbres ont jalonné notre histoire, leur notoriété n’étant pas toujours le fruit de leurs compétences en médecine. Chacun de nous a pour l’un deux une particulière tendresse, la nôtre allant, et c’est justice, à Ludwik Lejzer Zamenhof, créateur, comme chacun le sait, de l’Espéranto, langue d’avenir s’il en est une.

 

 

 



[1] Petiot est ce médecin parisien qui, nous disait le Regretté Pierre Desproges, a prouvé que les juifs sont solubles dans l’acide sulfurique.

[2] Henri II devra exiger de la Faculté de Paris qu’elle lui confère le titre de Médecin malgré ses lacunes en langues mortes. Auteur prolifique (il rédigea huit ou dix traités fort controversés par l’académie) ce chaud lapin (qui procréa cinq fois à soixante dix ans passés) s’éteignit un an avant la fin du règne de Henri IV au trépas duquel il ne prit point de part…

 

[3] Qui sera exécuté comme régicide bien que sa responsabilité ne puisse en aucun cas être incriminée.

[4] On notera que rarement médecin se déclara prêt à tant de solidarité avec ses patients.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les M
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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 10 2007 08:22
Castille : Voir Aragon
Par Marie Rennard - Publié dans : Les C
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 10 2007 17:43

Fossoyeur : En nos temps de compétitivité scolaire et de chômage aggravé, il est à peine concevable que les conseillers pédagogiques s’abstiennent systématiquement d’orienter les collégiens en situation d’échec vers l’exercice de ce respectable métier d’avenir autant que de noble passé, classé dans la catégorie C de la Fonction publique territoriale, et qui de plus présente l’incontestable avantage de ne nécessiter aucun pré-requis, pas même un niveau CAP.

Bien sûr, on objectera qu’outre l’aspect psychologiquement peu engageant de la profession, les plans de carrière sont très limités et les salaires peu évolutifs.

C’est aussi que le populaire n’a d’image du fossoyeur que celle d’un précoce quinquagénaire abattu de désespoir et de misère sur sa pioche couverte de glaise et contraint de supporter à longueur de dimanches des cohortes de veuves plus ou moins éplorées qui sollicitent de sa personne des mains habiles à l’entretien des tombes, une épaule accueillante et un brin de causette, voire un occasionnel divertissement si affinités. Or, cette représentation commune est tout sauf réaliste. Les fossoyeurs, sous des dehors trompeusement neurasthéniques, sont gens de vendication, comme en témoigne par exemple la succession de réquisitoires présentés au conseil municipal par les représentants de la profession au dix-neuvième siècle dans la ville de A.  

Le compte rendu des délibérations du conseil de ladite ville mentionne, le premier mai 1872 (qui n’était pas encore un jour férié),  une pétition des porteurs et fossoyeurs exposant qu’étant payés à la tâche, tous sont dans une position de fortune très-précaire et que leur industrie particulière ne suffit pas à les nourrir et entretenir, la nature de leurs fonctions les obligeant à se tenir constamment sur le qui-vive et leur interdisant de se livrer à de complémentaires et ponctuelles occupations.

Le document fait en outre état du manque à gagner induit pour eux par la modification du mode de calcul tarifaire pondéré en fonction des ressources de la famille du défunt adopté par le conseil municipal le 23 mai 1871, perte encore aggravée par le taux exceptionnellement faible de décès de l’année.

A cette crise conjoncturelle s’en ajoute une autre, chronique, les deux tiers des sépultures étant, disent-ils, celles d’indigents exécutées par leurs soins d’une façon qu’ils estiment abusivement gratuite.

Ils réclament donc une nette revalorisation de leur travail, s’abstenant de mentionner le fait qu’ils reçoivent de l’hôpital, chaque fois qu’ils portent en terre un miséreux, trois kilos de pain – soit en moyenne 110 kg annuels, que lesdites sépultures gratuites ne représentent, après vérification des chiffres des trois années antérieures, qu’un tiers du total, et non pas deux, et que s’ils ne touchent pas un rond sur l’enterrement des pauvres, les taxes établies pour les riches sont déjà, dans l’esprit de la promotion du lien social, sur-tarifées afin de compenser la gratuité des mises en terre sommaires.

Le conseil municipal, bon enfant, admettra dans ses délibérations que le niveau de vie de ses fossoyeurs a subi une altération due au nouveau mode de calcul instauré par ses soins, la hausse des tarifs de première classe ne compensant pas – du fait de la moindre proportion de défunts concernés, la baisse des tarifs de seconde et troisième classe qui constituent l’immense réservoir des défunts, ainsi que le peu de raison qu’il y aurait à faire valoir aux fossoyeurs qu’ils se rattraperaient sûrement sur l’année à venir des défections de leur clientèle pour l’année écoulée, et consentit à revoir à la hausse les taxes sur les enterrement, à raison d’un franc pour ceux de première classe, cinquante centime sur ceux de seconde, et vingt-cinq pour les RMIstes.

Les porteurs et fossoyeurs ne se déclarèrent satisfaits de cette augmentation de leur commission que pour quelques années. Dès 1888, ils obtinrent une mensualisation de leur traitement plutôt qu’un paiement à la pièce, d’un montant de trente francs pour les porteurs, et cinquante-cinq pour les fossoyeurs, suite à une autre savante pondération justifiée par le fait que les familles d’aucuns trépassés en visite faisant généralement  rapatrier les dépouilles mortelles sur leurs habituels lieux de villégiature, le nombre des inhumations était toujours légèrement inférieur à celui des convois. Les fossoyeurs travaillant par équipe de deux, et qui gagnaient fort logiquement le double du salaire des porteurs qui œuvraient par équipe de quatre, s’étaient tout aussi logiquement vu retrancher la partie des émoluments correspondant aux inhumations non effectuées.

A partir de là, et jusqu’au 8 mai 1931 (qui n’était pas férié lui non plus) les archives départementales de la ville de A. attestent de la régularité des augmentations de salaires des porteurs et fossoyeurs, et de la difficulté à pourvoir les postes vacants, bien que depuis longtemps un costume soit fourni gratuitement tous les trois ans aux officiants, et qu’ils se soient vu octroyer nombre de primes pour l’accroissement rapide et régulier du nombre des sépultures et des exhumations.

Il apparaît donc urgent d’informer notre belle jeunesse en quête d’un travail rémunérateur que la profession continue à souffrir d’un manque de vocations, que le bleu marine sied au teint des blondinets, et que les avantages que constituent la profusion de fleurs sur les lieux de travail et l’absence systématique de réclamations de la part de la clientèle font de cet emploi une relative sinécure, pour qui ne craint pas l’humour noir.

 

 

Tout lecteur capable de proposer un calcul mathématique permettant d’établir, à partir des données fournies dans ce paragraphe, le nombre total de décès survenus dans la commune pour l’année 1871 se verra offrir un exemplaire gratuit du « Dictionnaire Arbitraire ».

Post note : Xavier, lecteur de longue date, vient de réussir avec brio le calcul du nombre de décès, et de gagner l'exemplaire gratos du dico s'il paraît un jour. Que les autres sachent bien qu'il n'y avait qu'UN exemplaire à gagner. Pas la peine de vous casser le tronc, c'est trop tard. Bravo Xav !

Par Marie Rennard - Publié dans : Les F
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 10 2007 17:37

Pachyderme : Qui dit pachyderme souvent pense éléphant. Mais le pachyderme est essentiellement un animal sans autre défense que l’épaisseur de sa peau.

D’une part, les cochons, rhinocéros ou hippopotames sont eux aussi des pachydermes, et d’autre part, on a pu constater au cours des dernières décennies que l’usage de la défense se perd chez l’éléphant, qui en naît de plus en plus souvent dépourvu, de la même façon qu’un nombre croissant d’humains perd ses canines de lait sans jamais les voir remplacées par des définitives. Le pachyderme est un animal au derme épais dont la plus intéressante contribution au monde moderne est d’avoir donné naissance à une science peu connue qu’on nomme barymétrie, du grec barus (lourd) et metron (mesure), qui consiste à apprécier au jugé le poids des grands animaux.  Le protocole d’évaluation semble assez mal défini[1], mais fort bien complété par le procédé dit de cacamétrie qu’on ne peut malheureusement appliquer qu’aux seuls éléphants. En effet, la conformation toute particulière de leur système digestif – l’estomac de l’éléphant est un simple sac de transit situé à la verticale des intestins, et leur digestion plus que sommaire, ont pour conséquence une très faible assimilation de leur nourriture, et la production de fèces qui ont la particularité de ne point s’écraser au sol, gardant l’exacte dimension du rectum de l’animal, et permettant de déterminer la taille ce celui-ci d’après la circonférence du caca grâce à la formule élémentaire Ø x ∑⅝2.

Des éléphants, on connaît la prodigieuse mémoire et le goût pour l’alcool. Les psychologues ont démontré que si cet animal s’enivre, c’est délibérément, pour oublier le stress dû aux dégradations subies par son environnement naturel, et que ses préférences vont aux boissons contenant une concentration d’alcool de sept degrés par litre, soit exactement la proportion qu’on trouve aux fruits fermentés et, à ½ degré près, dans la Pelforth brune. Les expériences menées en laboratoire ont en outré démontré que l’éléphant, comme l’homme, éprouve de grandissantes difficultés à réussir le test de Gallup[2] à mesure que s’accroît son taux d’alcoolémie, et cette constatation nous rend l’animal bien plus éminemment sympathique que les blagues à la con qui traînent depuis des siècles dans les cours de récré, du genre « pourquoi les éléphants se déplacent-ils en troupeaux compacts[3] ? »

 

 



[1] En réalité, les protocoles de calcul de barymétrie sont extrêmement complexes, tenant compte de nombre de paramètres qui varient d’une espèce à une autre. La hauteur au garrot, par exemple, n’est bien évidemment pas pondérée de la même façon chez DSK et chez la girafe. Aussi tout calcul amateur risque-t-il de présenter de non négligeables marges d’erreur.

[2] Mais si, le test de Gallup. Faites vous peindre sur le front une croix rouge, et essayez de la toucher du bout de la trompe en vous regardant dans un miroir.

[3] C’est celui du milieu qu’a la radio.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les P
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