Dimanche 30 mars 2008

Acacia : ne prend définitivement qu’un c. S’il trouve sa place dans ces pages, ce n’est pas pour ses qualités poétiques – il est déraisonnablement épineux- mais plutôt parce qu’il présente l’une de ces singularités de la nature qui le rendent éminemment remarquable. L’acacia, dont sont friandes les girafes qui poussent sous les mêmes latitudes, se protège de leur gourmandise en produisant un poison suffisamment nocif pour dissuader ces élégants animaux de dévorer des bosquets entiers. Le premier arbuste attaqué sécrète la toxine dès lors qu’il se sent las de servir de souper et pousse l’obligeance jusqu’à prévenir ses congénères adjacents de l’imminence du danger [1]. Ne me demandez pas comment, je l’ignore.  Les missionnaires d’Afrique devaient l’ignorer également [2] sinon ils ne se seraient sans doute pas éteints dans les marmites des aborigènes locaux.

A titre tout à fait anecdotique, on notera que certains grammairiens, tels Monsieur Ménage [3] , furent en leur temps d’avis que ce mot n’accepte pas d’s au pluriel.

L’Académie, dans sa grande sagesse,  en décida autrement, et punit Monsieur Ménage de ses audaces en lui refusant en son sein une place qu’il n’avait d’ailleurs pas sollicitée.

 

 

 



[1] C’est de notoriété publique.

[2] C’est une hypothèse.

[3] Gilles Ménage (1613-1692) auteur du Dictionnaire étymologique du français, paru en 1694.

 

par Marie Rennard publié dans : Les A
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