
Acclimater : En voilà un qui prend deux c. Outre que cette constatation constitue à elle seule une raison suffisante pour justifier sa présence, il faut encore noter que le processus d’autodéfense des acacias mentionné ci-dessus n’est autre qu’une forme d’acclimatation à l’environnement.
Foutaises me direz vous, hé bien oui, ce verbe n’est ici que prétexte à disserter, diserter même, sur l’opportunité du néologisme.
Bien des mots furent, en leur jeune âge, dénoncés comme néologismes. Reste que les néologismes d’hier sont souvent les classiques des puristes d’aujourd’hui. Acclimater en est un incontestable exemple. Créé par Monsieur l’Abbé Raynal (jésuite du 18ème siècle, auteur de nombreux essais et d’une « histoire des deux Indes »), cité pour la première fois au dictionnaire de l’Académie en 1798, il est l’illustration parfaite du néologisme dicté par la nécessité scientifique, d’autres vocables, comme emparouiller ou moindritude, toujours absents des dictionnaires, répondant, eux, à une nécessité poétique ou littéraire.
ü Emparouiller : « Le grand combat » Henri Michaux
ü Moindritude : traduction du « lessness » de Samuel Beckett
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