Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /2008 08:21

Aragon :         « Au pays da-ga d'Aragon

Il y avait tu gud'une fill'

Qui aimait les glac's au citronEt vanille

 ...Au pays de-gue de Castille

Il y avait te-gue d'un garçon

Qui vendait des glaces vanill'Et citron. »

 

Est-il besoin de le citer ?

Il est de ceux qui sont entrés dans les manuels scolaires avant leur complète décomposition.

Ou bien la décomposition des textes de Monsieur Bobby Lapointe est elle ce qui les rend si décoaxialement délicieux.

Retournez écouter « Lumière tango », « Ta katie t’a quitté »…

Bref, l’Aragon. L’Aragon (qui eut Ubu[1] pour roi) a inspiré bien des poètes. Facile vérité.

L’Aragon est surtout connu pour son alliance politique et matrimoniale avec la Castille, autre province espagnole au doux parfum d’inquisition.

Ferdinand, d’Aragon, épousa en 1469 et en catimini (pour diverses raisons de politique familiale et successorale dont nous ne traiterons pas tant elles sont aussi  fastidieuses qu’essentielles), épousa, donc, Isabelle de Castille, notoire usurpatrice d’un trône qui ne lui était pas destiné, et qu’elle n’avait d’ailleurs à ce moment pas conquis.

A eux deux, plus quelques moindres autres, ils allaient unifier et reconquérir l’Espagne, qui n’était alors qu’un Emirat, et bouter les maures hors la péninsule ibérique. Le deux janvier 1492, Boabdil, sultan de Grenade, se rend aux armées espagnoles.

L’année sera faste pour l’Espagne. Le douze octobre, Christophe Colomb découvre l’Amérique, dont couleront des flots d’or qu’elle  ne saura pourtant pas faire fructifier[2].

Pour lors, débarrassée des musulmans, Isabelle de Castille va lancer l’inquisition sur les juifs, provoquant une émigration massive, d’innombrables conversions qui durent moins à la persuasion qu’à la cœrcition, et la résurgence des feux de joie, dont les cendres avaient à peine eu le temps de tiédir.

La mort d’Isabelle de Castille en 1504 signe le renouveau des luttes intestines pour la conquête de son trône, aboutissant à la mainmise des Habsbourg sur l’Espagne. Charles Quint règnera dès 1519 sur l’Espagne, les Amériques et les deux tiers de l’Europe, isolant la France de François 1er  qui en sera réduite à chercher secours chez Barbe Bleue[3] et, l’histoire est elle facétieuse, chez les Turcs[4] !



[1] Cf. Ubu roi, Alfred Jarry.

[2] Les hidalgos (hijo de algo, fils de) friands de diamants, dilapidèrent l’or des Amériques dans les échoppes des diamantaires juifs d’Anvers.

[3] On raconte, mais on raconte tant de choses, que Perrault s’inspira pour le personnage de Barbe Bleue du roi Henri VIII d’Angleterre, qui aimait la variété conjugale et ne recula devant aucun moyen pour  se débarrasser de celles de ses épouses qui avaient le mauvais goût de survivre à ses aspirations au changement.

Après avoir divorcé de Catherine d’Aragon, il épousa Anne Boleyn qui périt sur l’échafaud et sous un fallacieux prétexte afin de permettre à son auguste époux de convoler en justes noces, onze jours plus tard avec Jane Seymour, qui mourut en couches. Il épousa ensuite Anne de Clèves, qu’il répudia à cause de sa laideur, Catherine Howard, qu’il fit exécuter pour adultère, et Catherine Parr, qui se montra plus coriace que lui et lui survécut.

[4] François Ier conclut avec Soliman le magnifique une alliance militaire pour la reconquête du Milanais.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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