Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 08:26

Art : Art vient de l’onomatopée hurt, que les lexicographes américains ont pu définir comme le borborygme de circonstance en cas de choc intempestif d’un autochtone avec un bison. Cette certitude acquise, la piste est aisée à remonter. Quand il a pris un bison dans l’œil,  l’homme voit les choses sous un angle différent de celui qui lui est coutumier. Cette torsion du réel, cette représentation modifiée de la réalité, subordonnée à l’émotion, va faire naître en lui une nécessité totalement indépendante de ses préoccupations de survie. On date de cette époque, encore mal définie, les premiers fossiles de peintres maudits, les mains encore maculées de rouge, l’estomac contracté sur du rien. Oui, la découverte de l’art va être un choc pour l’humanité. La découverte du beau artificiel, du beau par et pour l’homme. Par la peinture, la sculpture, la musique, la littérature, l’art, inutile sauf à la jouissance,  est le seul propre de l’homme, et dans de plus rares cas, de grands singes auxquels on fournit, outre la gouache et les pinceaux, de complaisants critiques pour vanter leurs simiesques talents dans les salons des capitales.

Par Marie Rennard - Publié dans : Les A
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