Bon-chrétien : Variété de grosse poire très appréciée, nous dit le Larousse. Que les rédacteurs du Larousse prennent leurs responsabilités, et que les mauvais esprits se gardent de toute irrévérence.
Pourquoi diable mentionner une variété de poires dont tout le monde se contrefiche, et dont personne n’a jamais, du reste, entendu parler ?
Parce que son étymologie est un mystère qui a préoccupé des générations d’historiens de la langue. Les hypothèses sont nombreuses, souvent incongrues, et Nodier, adepte de la simplicité et de la logique en matière d’étymologie, propose la sienne dans son « Examen critique des dictionnaires ».
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Au registre des poires improbables parce que de genre masculin, on trouvera aussi le chat-brûlé, variété à chair pierreuse, ou le caillot-rosat. Le pluriel de ces trois espèces est évidemment lui aussi source de contrariétés. On écrit cependant « des bons-chrétiens », « des chats-brûlés », etc, faisant fi des conseils avisés des grammairiens qui prônent qu’on n’écrive que « des poires bon-chrétien » ou « des poires chat-brûlé ».
Le sujet passionne, je le sens. Je comblerai peut-être les plus exigeants des lecteurs en ajoutant que Nodier, toujours dans son examen critique des dictionnaires, prête à la poire « capendu » des origines dans le nom composé « court-pendu ». Je je doute pourtant fortement de l’exactitude de cette définition depuis que j’ai lu dans le Littré, sous l’entrée « capendu » la définition suivante « espèce de pomme rouge ». Qui croire, Seigneur, qui croire ?
Dans tous les cas, on ne trouve plus sur les marchés que des poires passe-crassane qui sont à mon humble avis impropres à la consommation.

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