Les C

Vendredi 5 octobre 2007
Castille : Voir Aragon
Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Caca : Les pré-lecteurs ne m’eussent pas pardonné l’omission. Expliquons leur que le terme vient du latin cacare, faire caca, et nous les verrons se tordre d’un rire souvent contagieux.

Ajoutons que ce fut aussi le prénom de la sœur du poète Virgile, et leur hilarité atteindra des sommets sans précédent. Cette période scatologique est selon les individus de durée très variable. Il n’est pas rare que des adolescents de quinze ans présentent encore des crises ponctuelles, et le grand Sénèque lui-même, qu’on leur donne à cet âge en exemple écrivit, à l’âge adulte, dans son apothéose satirique  du divin Claude[1] « uae me, puto, concacaui me.' Quod an fecerit, nescio; omnia certe concacauit. » Ce qui donne en français et approximativement « Aïe! J'ai fait caca sous moi, je crois'. Je ne sais pas s'il l'a fait. Il a, en tout cas, fait caca  sur tout. »



[1] Aussi connue sous le nom d’Apocoloquintose.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

 

Cacochyme : Le terme, à la fois substantif et adjectif, fait partie de ces mots que l’on a entendus au moins une fois, se promettant d’aller en chercher le sens aux pages du dictionnaire, sans passer à l’action. Réparons l’oubli, le cacochyme est de santé fragile, de constitution appauvrie, maladif, souffreteux, pituiteux, cachectique en somme, souvent âgé et parfois grabataire, ce qui ne doit pas arranger son humeur.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Caddie : On pourrait le croire importé d’Angleterre. Il n’en est rien, et n’est que le fruit d’un détour du mot français « cadet » sur les parcours de golf grand bretons. Le caddie, avant de désigner un chariot, s’employait pour parler du jeune homme (le cadet) qui avait pour tâche de tirer  sur les greens le panier contenant les clubs d’un joueur.

Au même registre des mots adaptés au cours de voyages outre-manche, on trouve le cor anglais, qui loin d’être anglais, vient de notre beau et irremplaçable pays de France.

Le cor anglais, version beaucoup plus longue et plus grave du hautbois, se nommait à l’origine cor anglé à cause de la courbure qu’il avait fallu lui donner pour en rendre accessible les trous.

Les britanniques dénaturèrent le anglé en anglais, et s’attribuèrent allègrement l’invention.

L’imposture est d’autant plus profonde que la contribution des ressortissants britanniques (et consorts) en matière d’instruments de musique se limite à l’insoutenable cornemuse.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Calembredaine : Vraisemblablement issu d’une contraction de calembour et bredouiller (nos voisins suisses l’emploient d’ailleurs sous une forme proche de calembourdaine), voire même du bredin de campagne, le mot désigne, le plus souvent au pluriel, d’extravagants propos, d’inconcevables affabulations, en un mot, des sornettes !

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Calembour : Quel nom citer, autre que celui de Bièvre, pour illustrer le noble art du calembour ?

Véritable enragé, le Marquis de Bièvre écrivit des pièces où un vers sur trois au moins n’était que prétexte à l’exercice. Il va, en popularisant le calembour, diviser ses contemporains, dont beaucoup déplorent l’adoption dans les salons. Bièvre, avant d’émigrer pour fuir la révolution, rédigera en 1777[1], à la demande de D’Alembert, l’article Kalembour pour le supplément de l’Encyclopédie.

 De tout temps, le calembour a eu ses adeptes et ses détracteurs.

« Fiente de l’esprit qui vole », dira le Très Sérieux Hugo, pas forcément conscient de se livrer par là  à l’exercice non moins répréhensible du contrepet.

Soit, lui répondra Vian, dans son Autodéfense du calembour, « Mais je tombe de haut tandis que vous rampez. ».

Dans les deux camps, on trouve de grands noms, ainsi, Nodier, qu’on ne peut accuser de rigidité intellectuelle, donne comme définition de calembourg[2], « Mot nouveau qu’il faudrait bien se garder d’admettre dans la langue si le mauvais genre d’esprit qu’il désigne pouvait s’anéantir avec lui. Monsieur Boiste[3] le fait dériver de calamajo burlare[4] . Ce que tout le monde ne sait pas, c’est qu’avant cette expression, le même jeu de parole était déjà désigné par une autre, on l’appelait le montmaurisme du nom de Montmaur dit Menage, le seul lexicographe qui en ait fait mention.» Il clôt sa définition en citant Rabelais « on devrait attacher une queue de renard au collet et faire un masque de bouse de vache à ceux qui voudraient encore en user[5] en France après la restitution des bonnes lettres ».

Rabelais, qui précursa dans tant de domaines, aurait-il abhorré celui là ? « Le grand Dieu fit les planètes, et nous faisons les plats nets », n’est-ce point de Rabelais ?

Allons, la partisanerie (que le correcteur me suggère d’orthographier partisane rit) aura aveuglé Nodier au point de lui faire perdre toute conscience de ce second degré qu’il pratiqua pourtant avec tant de brio.

De l’étymologie du calembour, on a beaucoup écrit. Le congrès de Cythère tenu à Paris en 1789 attribue son origine au nom de l’apothicaire Calembourg qui exerçait rue Saint Antoine un siècle plus tôt[6], d’autres sources parlent d’un comte allemand du nom de Kalemburg. Certains spécieux font même dériver le mot de l’arabe « kalem », parler, et « bour », abusif.

Qu’importe, finalement, d’où vient le calembour, puisqu’il vient le plus souvent sans qu’honni pense ! Indéniablement jouissif, le calembour est sans bassesse. Il suffit de n’y être point trop prompt et d’éviter, en somme, le calembour hâtif.

N’est-ce pas, Monsieur Greg ?

 



[1] Et malgré le mépris dans lequel le tiennent les philosophes qui lui reprochent d’anéantir d’un mot tout le sérieux de leurs propos.

[2] Examen critique des dictionnaires, 1829

[3] Dictionnaire Universel de la langue Française, 1812, (avec le latin, manuel de grammaire, d’orthographe et de néologie), largement massacré par Nodier qui semble vouer à Boiste le même mépris qu’à Ménage.

[4] Littéralement « plaisanter avec la plume »

[5] Du calembour.

[6] Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 10/10/1869

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

 

Calepin : Qu’est-ce donc qu’un calepin ? Dans le cas précis de cet article, un simple prétexte,

la réponse à cette question étant universellement connue ; et nous n’apprendrons rien à personne en livrant, une fois de plus, la parfaite définition du TLF « carnet de poche sur lequel on inscrit des renseignements divers, des notes, des réflexions… en vue d’un usage personnel »

D’où vient le mot était la question immédiatement subséquente. Nous étions loin de nous douter que la réponse à cette bête question allait nous entraîner dans les abîmes de l’histoire des dictionnaires que nous nous proposons de vous conter sans délai, mais en plusieurs épisodes, de peur de lasser le lecteur.

Calepin, à l’instar de poubelle, et de bien d’autres, vient d’un nom propre, celui de l’italien Ambrogio Calepino[1], éminent érudit qui rédigea l’un des premiers et fort conséquents dictionnaires. L’ouvrage, trilingue au départ, proposait dans ses dernières rééditions la traduction de termes latins dans plus de dix langues mises en parallèle.

Outre que sa consultation ne devait guère être aisée, on se doute que son poids devait sembler fort lourd aux épaules des valets des nobles voyageurs de la renaissance[2], ce qui explique peut-être que par quelque ironie dont les mots sont coutumiers, le calepin désigne aujourd’hui un cahier de vingt grammes tout au plus…

Comment sont nés les dictionnaires ? Et quand ?

L’ouvrage de Calepino fait partie des toutes premières tentatives abouties de listage des mots, rendues nécessaires par le goût des voyages qui imprégna le siècle de la renaissance.

Avant lui pourtant, et dès le huitième siècle, on avait entrepris de réunir dans un même ouvrage, à des fins pédagogiques, les gloses dont les maîtres de l’époque avaient coutume d’annoter les textes difficiles pour fournir à leurs élèves des équivalents aux termes ardus en latin courant ou en langue romane. Le glossaire de Reichenau – du nom de l’abbaye où il fut découvert -  recensait celles qui annotaient les textes de la bible, préfigurant une nouvelle forme de publication dont l’objet serait l’étude et la définition des mots.

Jusqu’à la publication de l’Edit de Villiers Cotterêts, en 1539, le latin est en France la langue officielle. François 1er va exiger, arguant une fois de plus de son bon plaisir[3], que l’on use désormais du français, condamnant ainsi le latin et les langues d’oc à une lente et progressive[4] disparition, dans les publications littéraires tout d’abord, puis scientifiques.

Sous l’impulsion de la Pléïade, et notamment de Du Bellay[5], les érudits vont s’appliquer à imposer à tous la langue de Molière.[6]

Le premier dictionnaire unilingue, véritablement dédié à la définition des mots, et non plus à leur simple traduction du latin vers le français, sera celui de Jean Nicot,[7] le Thresor de la Langue Française, publié pour la première fois en 1606,  qui ouvre la voie à la cohorte de ceux qui le suivront dans l’étude de la langue, et qui n’apporteront que d’infimes variations à la structure de son dictionnaire. On y trouve déjà les étymologies, les définitions, les exemples d’auteurs[8], les caractéristiques techniques de certains termes liés à des domaines aussi variés que l’agriculture ou la biologie, la musique ou le droit, la navigation, la chasse ou les mathématiques.

La qualité du travail et l’étendue des sources de Nicot sont confondantes. Outre les textes bibliques (en latin, grec hébreu  et français), il offre des références aussi diverses que Tite Live, Plaute, Cicéron ou Virgile, pour ne citer que les plus connus, mais également d’autres en espagnol, portugais ou italien parmi ses prédécesseurs ou ses contemporains.

L’œuvre de Nicot, bien que largement oubliée aujourd’hui par le grand public, plantera solidement les fondations des dictionnaires modernes, à tel point que les géniaux concepteurs du TLF moderne[9] reprendront à leur compte, cinq siècles plus tard,  le titre de son ouvrage.

Les enfants de six ou sept ans confrontés pour la première fois à l’usage du dictionnaire souvent s’esbaudissent d’y trouver « des gros mots », et parfont leur apprentissage en y cherchant, pour le plaisir, les termes dont on leur défend le plus souvent d’user, en commençant en général par « merde ».

Nous nous sommes amusés à rechercher dans le TLF de Nicot l’équivalent d’époque et vous en livrons la définition, qui n’a pas pris une ride.

 

Bren[10], m. Est merde, qu’on dit fiente, mais le premier est usité pour l’excrément humain, Merda, humanum excrementum, car fiente est général, comme Stercus l’est aussi envers les latins[11].

 

Le 16ème  siècle verra l’explosion de ce nouveau genre littéraire. Entre 1539 et 1599, on publiera en Europe[12] pas moins de cent trente huit dictionnaires, généraux, techniques, de rimes ou de synonymes… préfigurant le mouvement de codification et de régulation de la langue qui marquera le 17ème, et dont nous vous parlerons bientôt, dans l’article « dictionnaire » à la lettre D, et très probablement aussi dans l’article « grammaire et grammairiens » à la lettre G.

 

Cet article doit beaucoup aux informations disponibles sur le site http://www.dictionnaires.culture.fr/page2.html



[1] 1435-1511

[2] Les roturiers, à l’époque comme aujourd’hui, limitaient leurs vagabondages estivaux aux horizons de Berk Plage.

[3] C’est ainsi qu’il avait coutume de clore ses désiterata « car tel est notre bon plaisir »

[4] Très lente et très progressive.

[5] Auteur de « défense et illustration de la langue française »

[6] C’est une pure forme de rhétorique, évidemment, Molière resterait dans les choux jusqu’en 1622.

[7] Celui là même de l’herbe à Nicot, si décriée de nos jours.

[8] Nicot omet cependant quelquefois de citer ses sources. Dès ce moment se pose la question de la propriété intellectuelle des définitions. Quand il emprunte, notamment à Robert Estienne à l’ouvrage duquel il a contribué, ou à d’autres, un certain nombre de passages, il note alii scribunt, « d’aucuns écrivent ».

[9] Paul Imbs et Bernard Quemada.

[10] La dernière mention du terme remonte, pensons nous, à Jacques Brel, dans « Amsterdam ». A noter que l’on trouve également dans cet ouvrage la définition suivante à l’entrée « Merde » :

Merde, Merda, Excrementa, Aluus, Reliquiae cibi, quas natura respuit/Merde de fer, Scoria ferri.

[11] Mon cher époux, Docteur en tout un tas de savantes sciences, met inconsidérément en doute la clarté de la définition. Je vous invite à protester énergiquement à l’adresse suivante : http://www.rennard.org/

[12] Essentiellement à Paris, mais également à Anvers, Cologne, Gand, Zurich ou Londres.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Callipyge : Qui a de jolies fesses !

Le mot nous vient du grec – on ne sourit pas dans le fond - et qualifie le plus souvent les rondeurs sculptées des Vénus. Largement méconnu, il fut pourtant repris par Monsieur Brassens dans sa « Vénus Callipyge » :

 

*     Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant
N'enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

Et l’air de rien, d’autant plus difficile à chanter sans bafouiller qu’on a le zygomatique dangereusement sollicité dans le sens opposé à celui que requiert une saine élocution.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Canicule : préoccupation première des gouvernements avisés dès la fin du printemps, la canicule est devenue un sujet brûlant en  2003, mobilisant les ministres en vacances pour lui trouver des solutions.

L’incurie des mesures d’urgence prises cet été là vient de ce qu’on a cherché à la canicule une solution politique, alors que le remède au mal se trouve dans l’étymologie ainsi que dans l’histoire ancienne.

La canicule est le nom que porte l’étoile Sirius dans la constellation du grand Chien, ainsi que l’époque (du 22 juillet au 23 août) où Sirius se lève et se couche avec le soleil. Le temps caniculaire est donc l’époque la plus chaude de l’année, et les anciens lui attribuaient des influences néfastes, au cours de laquelle les médecins sont impuissants et la nature seule décideuse. Pour conjurer les malheurs qui ne manqueraient pas, au cours de cette période, d’accabler les hommes, les romains sacrifiaient un chien dont raffolait la constellation éponyme.

On gagne souvent à employer des remèdes de romains, et un dicton prudent affirme que ce qui ne fait pas de bien ne peut faire de mal.

Certes, les estimés membres de la SPA pourraient s’insurger. Mais ils constitueraient une minorité politique négligeable face à l’immense majorité qui réprouve les moyens de coercition sociale à l’efficacité discutée dont use notre époque moderne et sarkozatoire. L’argument ne mérite-t-il pas d’être considéré ?

Au cas hypothétique ou cet antique remède serait remis au goût du jour, il conviendra cependant de noter que, par suite du mouvement de précession, le soleil se trouve maintenant entre le 22 juillet et le 23 août (soit, rappelons le, durant la période de canicule) dans la constellation du Lion, et non plus dans celle du grand Chien. D’où il pourrait logiquement s’ensuivre qu’un sacrifice canin soit devenu inadéquat, et que seule la mise à mort judicieusement orchestrée d’un lion puisse dorénavant sauver la vie des vieux quand il fait chaud.

 

 

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Carminatif : Adjectif le plus souvent employé en pharmacie, il signifie « qui facilite l’expulsion des gaz », intestinaux le plus souvent, ce qui explique qu’il puisse qualifier indifféremment un clystère ou des haricots blancs. Le TLF signale en outre qu’il peut s’employer en référence au bruit des gaz expulsés, et donne l’exemple du « basson carminatif » dans une citation de Willy[1]

Les bassonistes apprécieront.

 



[1] Journaliste, critique musical et premier époux de l’écrivain Colette, connu à l’état civil sous le nom de Gauthier-Villars.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Cénotaphe : Vient du grec, kénos, vide, et taphos, tombeau.  

Rapportons cette étymologie au mot « cénobite », issu du grec lui aussi : qu’obtenons nous ?

Une erreur. Et même une erreur consternante. Le cénobite[1], les cénobites, devrions nous dire, sont des moines qui vivent en communauté, contrairement aux anachorètes qui préfèrent la solitude, comme l’indique leur étymologie, grecque encore une fois.  Mais après tout, on s’en fout, Graecum est, non legitur[2].

Notons cependant que cénotaphe se prête moins bien au calembour que cénobite. Un groupuscule de gens de lettres du 19ème siècle l’avait bien compris, qui rassemblait quelques messieurs dans une maison de campagne aux alentours de Paris durant les fins de semaines, et s’était baptisé, allusion délicate à l’interdiction de toute présence féminine durant leurs rendez-vous, Les Cénobites Tranquilles.



[1] De koinos, commun, et bios, vie.

[2] C’est du grec, ça ne se lit pas…

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Cochon : Inséparable de l’homme, le cochon cohabite avec lui depuis les temps immémoriaux, que ce soit dans les cours de nos fermes, dans nos assiettes ou dans notre littérature.

Nous pourrions évoquer ici « les trois petits cochons », qui constitue l’exemple le plus notoire de leur utilisation dans les contes. Nous avons cependant préféré vous livrer le court extrait qui suit, bien moins connu, et désespérément absent des manuels scolaires, dans lesquels nos enfants seraient pourtant ravis de le découvrir.

La merde et le cochon.

 Au soleil, sous un mur, une merde fumait
Et parfumait
Les airs et le gazon à cent pas à la ronde.
C’était bien, s’il faut croire aux récits des passants,
La plus belle merde du monde.
A ses pures vapeurs mariant leurs encens,
Vingt étrons soupiraient pour ses appâts naissants.
Mais un cochon survient, la flaire, la regarde,
Et l’avale sans sel, sans poivre et sans moutarde.
Comme une merde, hélas, chacun passe à son tour,
Le temps est un cochon qui détruit sans retour
La beauté, la gloire et l’amour.

C'est de Lachambaudie, qu'était même pas à l'Académie.

 

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Chaparder : Signifie marauder, s’approprier en douce quelque chose qui ne nous appartient pas, et vient possiblement de chat -pard, nom vulgaire d’un serval africain (de chat et du latin pardus, léopard) qui selon les zouaves rôdaient autour des camps pour voler de la nourriture. Le TLF mentionne cette possible origine, mais en précisant « qu’elle n’emporte pas la conviction ».

 

C’est pourtant la seule disponible, et qui fasse preuve de suffisamment de logique pour emporter la nôtre, indubitablement bien moins autorisée.

Notre conviction se fonde, non pas sur l’arbitraire, mais sur la constatation que l’un des synonymes de chaparder est « chouraver », qui vient de « piquer des choux-raves »[1].  

A noter que si le nom de chapardage est le plus employé, chapardise et chaparderie sont également légitimes, même s’ils sont plus rares.



[1]CQFD.  Alfred Jarry prétendait que « lorsque les mots jouent ensemble, c’est qu’ils reconnaissent leur cousinage ». (La chandelle verte, Pléiade)

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

 

Chat : On se souvient de Schrödinger, qui se livra sur son chat à des expériences que la morale réprouve et à seule fin d’illustrer les improbables hypothèses de ses quantiques théories. Il enferma, rappelons le, dans la même boite, un chat et une fiole de poison dont la fortuite inhalation aurait sur le métabolisme du félin d’irréparables effets. Il s’employa ensuite benoîtement à démontrer à ses confrères que du temps qu’il leur causait, une quelconque particule pourrait bien venir frapper le verre du flacon assez fort pour le briser, libérant le poison et trucidant le chat, et qu’il était donc impossible de savoir si - à l’heure où il finirait ses démonstrations mathématiques, le chat serait encore en état d’opiner.

Disons le tout net, il existe mille moyens bien plus simples pour se débarrasser d’un chat à coup sûr, et y’a vraiment des gens qu’on paye à ne rien foutre.

Par Marie Rennard
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Samedi 6 octobre 2007

Chauve-souris : C’est le seul mammifère qui vole, comme l’ornithorynque est le seul mammifère qui ponde des œufs[1]. On écrit au pluriel « des chauves-souris », « des ornithorynques ».

Etonnant, non ?

Si je ne cite pas l’auteur du « Etonnant, non ? » c’est d’une part qu’il est connu de tout francophone respectable, et d’autre part, qu’il est, de fait, tombé[2] dans le domaine public.

Merci Monsieur Desproges.



[1] Ben non, y’a aussi l’Échidné.

[2] Hélas, irrévocablement !

Par Marie Rennard
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Mardi 9 octobre 2007

Coprophage : Le terme appartient au lexique biologique et désigne les animaux, le plus souvent des insectes qui se nourrissent d’excréments. Les mômes, dans les cours de récréation, le réinventent souvent sous la forme plus ludique et directement explicite de « cacavore ».

Par Marie Rennard
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Mardi 9 octobre 2007

Circonjacent : Apporte une salutaire précision à adjacent, qui est de nos jours beaucoup plus utilisé. Pourtant, l’adjacent n’est pas forcément circonjacent,  alors que le contraire est vrai. Un département peut être adjacent au vôtre, mais l’ensemble des départements adjacents est lui circonjacent, c'est-à-dire qu’il fait le tour en touchant les bords. C’est un adjectif qu’on a malheureusement trop tendance à négliger dans le registre usuel.

 

 

Par Marie Rennard
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Jeudi 20 décembre 2007

Cherche-midi : Ou croque-lardon[1], noms sous lesquels on désignait, jusqu’au début du siècle, les parasites qui cherchaient à cette heure de la journée un endroit où se faire nourrir gratis. Le mot est aujourd’hui oublié dans ce sens là, on lui préfère « pique-assiette »,  ou « écornifleur » quand on a des lettres, et le Cherche-midi ne désigne plus  qu’un célèbre Editeur[2]. N’allons pas, d’un rapprochement intempestif, faire une tout aussi intempestive transition avec les mœurs (réelles ou supposées) des représentants de cette aimable profession,  comme le très-illustre Monsieur Philippe Héraclès, auquel je fais pour l’occasion ma révérence. Il sera toujours temps de la retirer quand il m’aura écrit d’aller porter ailleurs mes considérations.
...
Voilà c'est fait. Donc je retire, et je remets le dico on line, heureux lecteurs, et au diable les jolies éditions papier. Z'avez qu'à imprimer si vous visez à l'impérissable !



[1] Oui, enfin un nom composé qui a un pluriel régulier !

[2] C’est également le nom de la rue où officie ledit éditeur, qui abrita Victor Hugo (la rue, pas l’éditeur) à l’époque où elle était baptisée rue des vieilles tuileries.

Par Marie Rennard
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