Joshua tree : Littéralement, arbre de Joshua. Il n’existe pas de traduction en français à ce nom d’arbre. Ce serait parfaitement inutile, dans la mesure où il ne pousse que dans le désert Mojave de Californie et d’Arizona. Il fut ainsi baptisé par une tribu de Mormons égarés dans le désert en quête d’une Terre Promise[1]. La forme particulière de l’arbre le leur fit prendre, sous l’effet de l’Aqua Vitae dont ils s’abreuvaient, faute d’eau, dans ces contrées arides, pour le prophète lui-même gesticulant une invitation à la halte et à leur intention. Ils tombèrent à genoux, et décidèrent de fonder là leur colonie. C’est le lendemain de ce jour que, par contrition, les Mormons s’astreignirent à la tempérance.
Les facéties du Joshua tree pourtant ne s’arrêtent pas là. Incomparablement photogénique dans les icecrémisques soleils couchants de l’ouest légendaire où y’a des cow-boys, et encore quelques indiens en réserve, il essaime et survit, inutile et gracieux, grâce aux services que lui consent un papillon de nuit créé exprès pour lui – ou était-ce le contraire ? – qui niche au sein de ses fleurs et en transporte le pollen. Ses larves, à l’éclosion, se nourrissent à leur tour des graines de ce particulier ficus, perpétuant en duo, depuis la nuit des temps, leur interdépendance et leur superfluité.
En hommage à ce pied de nez de l’organisation particulière à la générale, aux mormons et à la gnôle, le Dictionnaire Arbitraire vous offre sa toute première illustration, en quadrichromie et technicolor, du plus bonnard des arbres.
