Sycophante : Dénonçait dans l’antiquité les voleurs de figues sur les arbres consacrés, et plus tard ceux qui firent profession d’assigner en justice, par le biais de la délation, les citoyens riches dans l’espoir de se voir rétribués d’une partie des biens de leurs victimes. Le sycophante désigne de nos jours un délateur. On l’appelle également cafteur sur les bancs de l’école, indic dans la police, ou citoyen au gouvernement de Vichy…
Cela médit, ce mot présente une surprenante particularité. Il existe dans la langue anglaise, le terme « sycophant », mais qui se traduit en français par « flagorneur ».
Dans les deux langues, l’origine grecque est attestée sous la forme de phaneim montrer et sykon la figue.
C’est sur l’interprétation du sens que les points de vue divergent. Nous avons donné celui des français, voyons celui des anglophones.
Selon One Look Dictionary, le mot, attesté depuis 1575, désignait les partisans des politiciens les plus en vue qui « montraient la figue » à leurs adversaires en un antique doigt d’honneur consistant à passer leur pouce entre deux doigts pour symboliser les organes génitaux féminins. Les politiciens s’abstenant naturellement, eux, de toute obscénité, le terme de « sycophant » en vint à désigner les flagorneurs prêts à tout pour se faire remarquer du maître.
Cette origine est confirmée par les dictionnaires de langue anglaise relativement récents, à d’infimes variantes près.
Si l’on consulte pourtant, les dictionnaires du début du siècle, on retrouve, au Webster de 1913, dans un premier sens, le délateur, et dans un second sens, le flagorneur, mais sont signalées des incertitudes sur l’origine du sens.
Dans l’édition de 1928 du même Webster, le mystère s’est éclairci, l’origine du terme est de nouveau attribuée aux dénonciateurs des voleurs de figues, avec une obscure transition vers le sens de flagorneur.
Si l’explication donnée par Outlook dictionary prête le flanc au doute, elle gagne en fantaisie ce qu’elle perd en rectitude, et on doit éprouver dans ces cas là l’immense bonheur d’être le seul à avoir tort quand tous les autres ont raison.

dans les échoppes à touristes d’un gamin aux joues rouges entortillé de chiffons noirs, une marmotte sur l’épaule et une échelle au dos, parcourant les chemins pour s’en aller ramoner ici et là les cheminées de France. Or, si les savoyards, longtemps, ont été contraints à l’exil pour survivre, ce n’est pas au métier de ramoneur qu’on les a vus le plus fréquemment s’employer, mais à celui, encore plus subalterne, de décrotteur.
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